Des Grenoblois inventent la "bulle covid-19" pour transporter les malades

Publiée le 24 avril 2020

Des médecins, des chercheurs et des ingénieurs de l'agglomération ont mis au point un équipement inédit, la "bulle covid-19", permettant de transporter en toute sécurité les malades.

La bulle covid-19
La bulle covid-19 : DR
La bulle covid-19 est née de l'imagination et des ressources de l'écosystème grenoblois.

Pour ceux qui en douteraient encore, l’écosystème grenoblois est capable d’innover, même en partie confiné. Après les masques réutilisables 100 fois créés par le collectif VOC-COV, une autre invention vient de voir le jour grâce au travail conjoint de médecins, chercheurs, ingénieurs et industriels de la région : une “bulle” pour transporter les malades atteints du covid-19 en toute sécurité.

De quoi s’agit-il ? D’une sorte de scaphandre transparente en PVC équipé d’une pompe et d’un filtre pour purifier l’air. Rendue étanche par dépressurisation, la bulle est fixée directement sur le patient au moyen d’épingle, ce qui permet de transporter le malade sur un brancard, dans une ambulance ou un hélicoptère sans ôter l’équipement. Totalement inédit, cet appareil permet aussi de protéger les personnels soignants qui sont amenés à manipuler les patients.

Le projet est né au début du confinement quand des ingénieurs du laboratoire G-SCOP de l’Université Grenoble-Alpes entrent en contact avec deux médecins du CHU Grenoble-Alpes, Damien Viglino et Guillaume Debaty. Les premiers ont l’habitude de réfléchir et de mettre au point des nouveaux systèmes de production industriels, tandis que les seconds travaillent aux urgences et au SAMU. A priori, rien à voir. Et pourtant, de la rencontre de ces deux mondes va naître une innovation qui sera, un jour peut-être, majeure.

Disponibles dans deux semaines

Ils m’ont demandé ce qu’ils pouvaient faire pour aider. Je leur ai répondu que le SAMU rencontrait des difficultés pour transférer les patients en évitant la contamination", se souvient Damien Viglino. Rapidement, le collectif s'agrandit avec les équipes du Centre d'investigation clinique-Innovation Technologique du CHU Grenoble-Alpes, des laboratoires HP2 (spécialisé dans les maladies cardiovasculaires et respiratoires) et TIMC (techniques de ingénierie médicale et de la complexité) de l’Université Grenoble Alpes. Ensemble, ils élaborent un cahier des charges permettant de fabriquer, en quelques jours, des prototypes.

Les premiers essais sont réalisés grâce à l’aide du groupe STMicroelectronics qui a mis à disposition un matériel de mesure de la qualité de l’air des salles blanches. Parallèlement, le collectif commence dépose les demandes démarches d'évaluation de qualité et de certification et les autorisations nécessaire à une évaluation sur les patients puis une production en série. Car le but n’est pas de proposer un appareil vite “bidouillé” mais bien de fabriquer à grande échelle un appareil fiable et reconnu.

Pour autant, le brevet, lui, demeurera ouvert, permettant à n’importe quel industriel dans le monde d’améliorer l’équipement et de le fabriquer. “Pour nous, cette démarche est normale, on travaille tous pour le service public. Et là en plus, on est dans l’urgence”, justifie Damien Viglino. Si tout se passe bien, les premières "bulles COVID" pourraient être utilisés d’ici deux semaines sur les premiers patients.