Pollution : les plastiques dans le viseur de la Métropole de Grenoble

Publiée le 8 août 2022

Épaulée par le WWF France dans ses efforts pour faire la chasse aux déchets plastiques, la Métropole de Grenoble s’est engagée à atteindre le "Zéro pollution plastique" d’ici 2025. Explications.

Épaulée par le WWF France dans ses efforts pour faire la chasse aux déchets plastiques, la Métropole de Grenoble s’est engagée à atteindre le "Zéro pollution plastique" d’ici 2025. Explications.

Depuis plus de 10 ans, la Métropole travaille à réduire à la source la production de déchets et à favoriser au maximum le réemploi et le recyclage. Son objectif : réduire de 20 % leur quantité d’ici 2030. Mais parmi tous ces déchets, il en est un plus abondant, plus coriace et surtout plus pernicieux. Jeté au sol, il finit par se retrouver dans les aliments que l’on mange, dans l’air que l’on respire, dans l’eau que l’on boit. Il menace la survie de centaines d’espèces. Dégrade la santé de l’homme. Et contribue enfin lourdement au dérèglement climatique. Ce déchet, c’est le plastique.

Exclusion du plastique à usage unique

En collaboration étroite avec le WWF France dont l’un des objectifs est d’aider les institutions à créer de solides stratégies de lutte contre la prolifération de ce déchet, la Métropole a mis sur pied un plan d’actions (1 million d’euros sur 4 ans). Concrètement, dès février 2022, la Métropole a voté l’exclusion de tout plastique à usage unique dans sa commande publique (traiteur, boissons, récipients.).

Depuis le mois de mai, elle accompagne les cantines des communes volontaires sur les alternatives aux barquettes plastiques. Elle va aussi soutenir financièrement les projets de consigne de contenants réemployables portés par des entreprises (comme Alpe consigne ou Dabba). Afin de tester leur modèle économique, elle leur offre un lieu d’hébergement sur son site « Pole R » dédié à l’économie circulaire. Elle est enfin partenaire des acteurs spécialisés de la vente en vrac et des grandes surfaces qui proposent ce service : elle va éditer un guide sur l’achat en vrac et proposera des animations dans ces établissements et sur les marchés.

Jouissant d’une eau particulièrement pure, la Métropole souhaite aussi encourager les métropolitains à délaisser les eaux en bouteille. Elle travaille à l’édition d’une cartographie des points d’accès à l’eau potable de son territoire afin d’inviter les habitants à adopter l’usage systématique d’une gourde. En complément, elle pose des filets de collecte des déchets dans les cours d’eau ainsi que des macarons « ici commence la mer – ne rien jeter » à proximité des bouches d’égouts situées sur des lieux de passage, à côté des écoles, etc.

Lutter contre l'abandon des mégots

Enfin, pour réduire la pollution existante et préserver les cours d’eau, les communes de Grenoble et Vizille ont d’ores-et-déjà conventionné avec le nouvel éco-organisme Alcome pour lutter contre l’abandon des mégots qui représentent 1/3 des déchets plastiques présents sur l’espace public (le filtre est un déchet plastique). Ce conventionnement apporte la fourniture de cendriers fixes de rue, de cendriers de poche et une aide financière à leur collecte. L’objectif étant de fédérer un réseau de 20 communes métropolitaines d’ici 2025.

Le plastique, un fléau insidieux et planétaire

Le plastique, un fléau insidieux et planétaire 8 millions de tonnes de déchets plastiques finissent chaque année dans les océans avec des conséquences sur des centaines d’espèces animales. Par ailleurs, 6 % des émissions de CO2 sont dus à la production mondiale de plastique. En cause : la consommation passive de produits plastiques – dont beaucoup sont à usage unique – et des flux en constante augmentation et qui ne sont toujours correctement triés à la source. Tous les milieux sont contaminés : le sol, l’air et l’eau, jusqu’à la chaîne alimentaire.