Le campus universitaire se raccorde au réseau de chauffage urbain

Publiée le 26 avril 2022

Une centaine de bâtiments sera raccordée au réseau de chauffage urbain de la Métropole. L’opération permettra d’économiser plus de 5700 tonnes de CO2 par an.

Sur les 10 ans à venir, plus de 100 bâtiments abandonneront le chauffage au gaz et seront raccordés au réseau métropolitain.
Sur les 10 ans à venir, plus de 100 bâtiments abandonneront le chauffage au gaz et seront raccordés au réseau métropolitain. : Grenoble Alpes Métropole / Lucas Frangella
Sur les 10 ans à venir, plus de 100 bâtiments abandonneront le chauffage au gaz et seront raccordés au réseau métropolitain.

Le campus universitaire sera bientôt rattaché au réseau chaleur urbain de la Métropole. Pour accélérer la transition énergétique du territoire, l’Université Grenoble Alpes, la Métropole et la Compagnie de chauffage urbain viennent de lancer un vaste chantier de raccordement d’une centaine de bâtiments universitaires. S’étalant sur une dizaine d’années, cette opération permettra d’alimenter environ 400 000 m2 de salles, de bureaux, de laboratoires, d’équipements sportifs, de restaurants ou encore de résidences étudiantes.

Aujourd’hui, la majorité des bâtiments de l’université a été construite avant la réglementation thermique de 2012. Ils sont donc peu ou mal isolés. Surtout, ils sont encore chauffés au gaz, une énergie fossile polluante. « Ce raccordement est un jalon important dans la lutte contre le dérèglement climatique », a souligné Yassin Lakhnech, président de l’UGA. L’objectif de ce grand raccordement est de diviser par trois puis quatre les émissions de CO2 du campus.

Quand 1kWh de chauffage au gaz émet 205 g de CO2, le même kWh alimenté par le chauffage urbain métropolitain ne pèse plus que 58 g de CO2. Les émissions de CO2 du campus universitaire devraient donc passer de 7590 tonnes par an actuellement à 1860 tonnes par an d’ici dix ans, soit une économie de 5720 tonnes. C’est l’équivalent de plus de 29 millions de km parcourus en voiture ! « Le réseau de chaleur urbain notre pépite à tous que nous faisons grandir et verdir année après année », a déclaré Christophe Ferrari, président de Grenoble Alpes Métropole.

Bientôt 80% d’énergies renouvelables

Sur le campus, le raccordement a déjà commencé avec le bâtiment Ampère transformé en Maison des services à l’étudiant. La piscine universitaire suivra, ainsi que le bâtiment Pluriel. En 2023 et 2024, les bâtiments du Polygone et du Laboratoire de physique subatomique et cosmologie sur la Presqu’île seront « branchés » à leur tour. Puis viendra le tour des bâtiments du secteur Bergès, Phelma Campus, Grenoble INP-ENSIMAG, l’amphi Weil, etc. Le coût de l’opération est évalué à 14,5 millions d’euros, pris en charge par la Compagnie de chauffage urbain.

Le raccordement du campus universitaire au Réseau de chauffage urbain constitue une étape majeure pour la transition énergétique du territoire. Aujourd’hui, le Réseau permet d’alimenter en chauffage et en eau chaude près de 50 000 ménages, soit environ un quart des foyers métropolitains. Avec ses 177 km de canalisations s’étendant sur sept communes, c’est le 2e réseau de France (derrière Paris) et l’un des plus vertueux, avec une consommation de 78% d’énergies renouvelables et de récupération.

Grâce à la nouvelle centrale au bois, Biomax, le réseau de chaleur devrait passer la barre des 80% d’énergies renouvelables. En outre, l’unité de chaleur de la Poterne, qui utilise encore du charbon pour produire de la chaleur, passera bientôt à 100% au bois déchet (bois de démolition ou d’ameublement, panneaux…). Cette transformation permettra de réduire de 50% les émissions de CO2 de la Poterne d’ici 2026. Pour tous ces investissements, la Métropole a reçu en 2021 le label « Ecoréseau de chaleur ». Décerné par l’ADEME et l'association AMORCE, ce prix récompense les collectivités dont les réseaux de chaleur sont exemplaires sur le plan environnemental.

Grenoble Alpes Métropole / Lucas Frangella