Solidarité : la société de prêt-à-porter Kiabi partenaire de ressourceries locales

Publiée le 30 septembre 2021

Acheter des habits neufs à prix modiques, tout en permettant à des personnes en insertion d’accéder à des emplois durables, c’est ce qu'ambitionnent désormais les deux nouveaux "Petits magasins" de Saint-Martin-d’Hères et Grenoble.

Acheter des habits neufs prix modiques, tout en permettant à des personnes en insertion d’accéder à des emplois durables, c’est ce que proposent désormais deux "Petits magasins" à Saint-Martin-d’Hères et Grenoble.
Le Petit magasin à Grenoble (122, Avenue Jean-Perrot) dans les locaux de l'association La Remise.

Ce partenariat entre un acteur de l'économie traditionnelle européen et des acteurs de l'Economie sociale et solidaire locaux aurait-il pu voir le jour sur notre territoire sans l'intervention de la Métropole de Grenoble ? Ce mercredi 29 septembre, à Saint-Martin-d'Hères et Grenoble, ont été inaugurés deux nouveaux lieux d'insertion baptisés « Le petit magasin ». Une réussite qui résulte - par l'intermédaire de la Métropole - de la coopération entre la société de prêt-à-porter Kiabi et les ressourceries locales du groupe Ulisse et de l’association La remise. Ouverts à tous, chacun pourra y retrouver des vêtements neufs, pour toute la famille, à très petits prix (80% du prix du marché). Il s’agit des 8e et 9e du genre en France, la métropole de Grenoble étant la seule à en accueillir deux sur son territoire.

Le Petit magasin de Saint-Martin-d'Hères (17, rue du Pré Ruffier), dans les locaux de la Brocante de mamie (Groupe Ulisse).

Un partenariat gagnant-gagnant

A l’initiative du concept, qui connait déjà des déclinaisons notamment à Poitiers, Pau, Marseille ou dans la métropole lilloise, la société de prêt-à-porter Kiabi. « Nous sommes une entreprise très engagée sur la question sociale », insiste Sandrine Romero, directrice du magasin Kiabi de Sain-Martin-d’Hères. « Le principe de ces magasins repose sur le don de nos invendus aux associations qui gèrent ces ressourceries et sur la formation par Kiabi des personnes en insertion qui y travaillent ». A la clé, pour ces dernières, la possibilité d’intégrer un établissement Kiabi en CDD, voire en CDI.

L’autre bénéfice de ces magasins est à la fois financier et environnemental : car en permettant à Kiabi d’écouler ses invendus sur place, cela lui dispense de les acheminer jusqu’aux soldeurs qui les lui rachètent habituellement, ce qui représente à la fois un coût pour l’entreprise, en termes de stockage et de transport, et une empreinte carbone certaine.

"Jusque-là, on était un peu meublé de bric et de broc"

Pour Jean-Jérôme Clavier, directeur du groupe Ulisse, dont la ressourcerie de Saint-Martin-d’Hères a été transformée en Petit magasin, c’est une aubaine : « Kiabi nous fait don d'habits neufs issus de ses collections afin que nous puissions les revendre à des prix modiques. La société nous a aussi offert tout le merchandising, c’est-à-dire l’ensemble du mobilier qui nous permet de présenter les articles. Jusque-là, on était un peu meublé de bric et de broc, ça nous a donné l’occasion de remettre à neuf toute la boutique. Et puis ce partenariat va plus loin, c’est aussi l’opportunité pour la dizaine de personnes en insertion qui travaille dans la ressourcerie d'Ulisse, de bénéficier de formations qualifiantes au sein d’une société réputée, avec l’espoir de pouvoir décrocher un contrat ».

Soufi Nassera, directrice adjointe de la Remise, compte également beaucoup sur Kiabi pour « assurer des livraisons régulières de vêtements » et surtout pour « permettre à nos personnes en parcours d’insertion de trouver une embauche à la fin »

"Nous souhaitons rendre service"

« La volonté est là », assure à son tour Bruno Resseguier, directeur RSE chez Kiabi. « Aujourd'hui, nous souhaitons que ce partenariat fonctionne, que les clients soient heureux de ce qu’ils y trouvent et que ça rende service ». Pour l'instant, sur l’ensemble des neuf Petits magasins en France, seule une personne a été prise en CDI et cinq sont en CDD…

« L’idée de départ, c’est Kiabi qui l’a eue, un groupe avec une vraie responsabilité sociétale », a vanté lors de cette inauguration Céline Deslatte, vice-présidente de Grenoble-Alpes Métropole chargée de l’emploi, de l’insertion et de la jeunesse. « Ensemble, nous sommes parvenus à faire se rejoindre le monde économique et le monde social avec pour objectif de faire en sorte que les personnes en insertion qui passent par ces magasins puissent un jour intégrer un grand groupe avec des formations qualifiées ».

Désormais, la Métropole souhaiterait pouvoir multiplier ce genre de partenariats gagnant-gagnant en se rapprochant d’autres grands groupes, comme les magasins Carrefour et E. Leclerc, qui connaissent les mêmes problématiques de gestion de leurs stocks. À suivre.