Soutenir le Tichodrome pour sauver la biodiversité

Publiée le 2 décembre 2020

Le Tichodrome soigne de plus en plus d’animaux sauvages mais avec des ressources constantes, voire en baisse avec les confinements. Grenoble-Alpes Métropole a donc décidé de doubler sa subvention en 2020 et invite les collectivités à soutenir l'association.

Le Tichodrome recueille les animaux sauvages blessés, les soigne et les relâche dans leur milieu.
Le Tichodrome recueille les animaux sauvages blessés, les soigne et les relâche dans leur milieu. : Lucas Frangella
Le Tichodrome recueille les animaux sauvages blessés, les soigne et les relâche dans leur milieu.

Centre de sauvegarde de la faune sauvage en Isère, basé au Gua, dans le sud de la métropole grenobloise, le Tichodrome subit indirectement les effets de la Covid-19. Le centre s’auto-finance à 50 % via les dons, adhésions et ventes. Mais les confinements et les annulations de manifestations où il tenait des stands de sensibilisation et de vente d’objets, ont fait baisser de 90 % ses recettes. Le nombre d’animaux sauvages recueillis, soignés et relâchés est pourtant en hausse, avec plus de 2.000 animaux comptabilisés en 2020. « En cinq ans, le nombre d’animaux recueillis a doublé, constate Jean-Charles Poncet, président du Tichodrome. Nous optimisons au maximum notre organisation et nos moyens. Mais nous manquons de ressources humaines pour faire face. »

Besoin de personnel

Le centre emploie quatre salariés, dix personnes en service civique et 30 stagiaires. Il bénéficie du soutien d’une douzaine de bénévoles réguliers et de cent éco-volontaires l’été. Il lui manque pourtant deux à trois salariés supplémentaires. « Nous sommes en flux tendu permanent, regrette le président. Nous devons recruter pour assurer la qualité des soins, l’accueil et les formations. » Mireille Lattier, directrice du centre, abonde en son sens : « La qualité de notre travail vient d’être reconnu par le statut d’Association pour la protection de l’environnement. Nous fêterons nos dix ans l’an prochain et le centre grossit. Le public nous apporte de plus en plus d’animaux car il y a une prise de conscience de l’importance de la biodiversité, mais aussi parce que la faune sauvage subit le développement urbain et les sécheresses et canicules. Nous devons donc transformer le centre pour continuer à assurer notre mission de service public. »

20.000€ de subventions

Grenoble-Alpes Métropole a entendu le besoin du Tichodrome. Christophe Ferrari, président de la Métropole, Yann Mongaburu, vice-président en charge du défi climatique, de la biodiversité et de l’éducation à l’environnement et Simon Farley, maire de la commune du Gua, sont venus réaffirmer leur soutien moral et financier au centre ce 1er décembre. En effet, au travers de sa stratégie en faveur de la biodiversité et des espaces naturels 2016-2021, la Métropole soutient le développement d’actions visant à contribuer à la protection et à la valorisation de l’environnement. C’est dans ce cadre que la Métropole accompagne le Tichodrome depuis 2013 à travers un partenariat qui s’est renforcé d’année en année. Ainsi, la subvention annuelle est passée de 2.000 € en 2013, à 6.000 € en 2018. Depuis 2019, suite à l'augmentation du nombre d'animaux accueillis en lien notamment avec la canicule estivale, la Métropole soutient désormais l'association à hauteur de 10.000 € par an. Toutefois, la situation exceptionnelle liée à la Covid-19 génère de nouvelles difficultés financières pour l'association. Le 20 novembre dernier, les élus ont donc décidé de lui accorder un soutien financier supplémentaire exceptionnel de 10.000 €, soit un total de 20.000 € d'aide pour l'année 2020.

Tichodrome
Tichodrome : Lucas Frangella
Jean-Charles Poncet, président du Tichodrome, présente la situation du centre à Yann Mongaburu, vice-président en charge du défi climatique, de la biodiversité et de l’éducation à l’environnement, Christophe Ferrari, président de Grenoble-Alpes Métropole, et Simon Farley, maire de la commune du Gua (de g. à d.)

Mobilisation générale

« Nous comprenons les besoins du Tichodrome, affirme Christophe Ferrari. Nous invitons toutes les collectivités locales à soutenir votre action. » Yann Mongaburu souligne « l’unanimité du conseil métropolitain pour cette aide exceptionnelle. Nous sommes conscients de l’intérêt général de votre mission pour notre territoire. » Simon Farley avoue « ma fierté d’avoir un tel centre sur ma commune. La mairie cherche actuellement des solutions d’hébergements pour les bénévoles » qui sont parfois obligés de se loger loin du centre. Les particuliers peuvent également soutenir l'association en adhérent ou en effectuant un don, défiscalisé.

Le Tichodrome, centre de sauvegarde de la faune sauvage

Un centre de sauvegarde de la faune sauvage est une structure d’accueil pour les animaux sauvages blessés (oiseaux et mammifères), dans laquelle ils sont soignés afin d’être relâchés dans leur milieu.

Pour permettre un rétablissement de ces animaux, une cinquantaine de centres de sauvegarde de la faune sauvage existent un peu partout en France. Ces centres possèdent des équipements particuliers (infirmerie, volières de rééducation…) pour soigner, et relâcher dans de bonnes conditions les animaux blessés, qui sont essentiellement des oiseaux (rapaces diurnes et nocturnes, passereaux, oiseaux d’eau).

Ces centres et leurs responsables ont des autorisations administratives particulières afin d’exercer cette activité, qui est très réglementée. En effet, la détention d’espèces protégées est interdite par la loi du 10 juillet 1976, sauf dans le cas d’un centre de revalidation. De plus, le métier de soigneur ne s’improvise pas ! Le personnel de ces centres est formé aux soins spécifiques aux espèces sauvages.

Au 1er décembre, le Tichodrome accueillait 37 animaux en soin : hérissons, pipistrelles, passereaux, rapaces, pic épeiche, chevreuil…

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