Covid-19 : les services métropolitains en ordre de bataille pour faire face à la crise sanitaire

Publiée le 8 novembre 2020

Transports, eau, services funéraires, économie, solidarité, voirie, gestion des déchets... La collectivité s'organise pour assurer la continuité de ses services publics durant le reconfinement et réaffirme son engagement auprès des habitants. Revue de détail.

Transport, eau, services funéraires, économie, solidarité, voirie, gestion des déchets... Pour faire face au nouveau confinement, la collectivité s'organise pour assurer la continuité de ses services publics et réaffirme son engagement auprès des habitant

Les services métropolitains ont dû rapidement s'adapter pour faire face à deux préoccupations majeures face à la Covid-19 : protéger l'ensemble des agents, leur entourage et les usagers et préserver la continuité des services publics essentiels à la vie des habitants. « Contrairement au confinement du mois de mars, l'ensemble des services publics aux usagers reste ouvert et toutes les activités de la collectivité sont maintenues », explique d'emblée Michelle Veyret, vice-présidente en charge de l'administration générale. Car « au vu de la situation économique et sociale dégradée, la précarité explose, les emplois continuent de fondre, et certaines familles ont des difficultés à se nourrir et se soigner. Nous avons donc besoin de l'ensemble des agents de la collectivité pour leur apporter notre soutien ».

Un nouveau fonds d'aide à l'investissement élargi à l'hôtellerie

La crise sanitaire actuelle touche l'économie de manière générale et de façon encore plus forte tout un pan de l'économie de proximité, la restauration, les cafés, l'hôtellerie et les commerces avec des conséquences directes sur l'emploi et sur les recettes fiscales des collectivités. « Je peux témoigner de la grande détresse de ces acteurs économiques, dont nombreux ont investi tout leur argent pour créer leur activité et ont désormais peur de tout perdre », s'alarme Guy Jullien, vice-président en charge de l'économie. « Notre rôle est donc de les aider financièrement mais aussi moralement ».

À la suite du premier confinement, la Métropole avait mis en place un Fonds de solidarité métropolitain qui a permis d'aider 1400 entreprises avec un montant de 2 millions d'euros.

Par ailleurs, les critères du Fonds d'aide à l'investissement avaient été revus pour permettre aussi à la collectivité d'aider ces entreprises dans leur achat de matériel : le plafond de cette aide est donc passé de 7500 euros avec une participation de 30%, à un plafond de 10 000 euros avec une participation de 50%. En 2020 ce fonds d'aide à l'investissement a déjà ainsi soutenu les entreprises à hauteur de 800 000 euros.

Aujourd'hui, compte tenu de l'élargissement du fonds de solidarité national dédié aux acteurs économiques (2 milliards d'euros supplémentaires avec un soutien financier jusqu'à 10 000 euros par mois pour compenser les perte des CA, des exonérations de charges, le chômage partiel réactivé et un système de crédit d'impôt en 2021 pour les bailleurs afin d'exonérer les loyers), il a été conclu, avec l'UMIH 38 (Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie de l'Isère) et Label Ville (association des unions commerciales de Grenoble), de ne pas renouveler le Fonds de solidarité.

En revanche, la nécessité de reconduire le Fonds d'aide à l'investissement a été actée, afin de permettre aux entreprises de rebondir après cette deuxième vague. Une nouvelle enveloppe de 2 millions d'euros, élargie au secteur de l'hôtellerie, sera cette fois-ci proposée lors du prochain conseil métropolitain.

"En bas de ma rue" : un site de vente en ligne dédié aux commerçants

La Métropole souhaite encourager et soutenir la digitalisation des commerces, et lance le site de vente en ligne "En bas de ma rue", plateforme gratuite et sans engagement, développée avec le soutien de la CCI. Les commerçants sont invités à s'y inscrire pour y proposer leurs produits.

Parallèlement, la plateforme de bons d'achats lancée lors du premier confinement, et qui avait connu un vrai succès, est réactivée. Enfin, un courrier a été envoyé à France urbaine, au nom des 49 maires de la Métropole, pour demander au gouvernement la réouverture des commerces dits "non essentiels".

Un courrier a également été envoyé par la Métropole aux commerçants du territoire pour les assurer du soutien moral de la Métropole et leur rappeler toutes les aides qui leur sont destinées.

35% de nouvelles familles ont besoin de l'aide alimentaire

Pour continuer d'accompagner les personnes vers l'emploi, 70 conseillers métropolitains poursuivent leurs rendez-vous physiques auprès des personnes les plus vulnérables et mènent des entretiens téléphoniques auprès des autres. Les ateliers dédiés à la mobilité des personnes, indispensable pour trouver un travail et sortir de l'isolation, se poursuivent également mais de façon individuelle.

La Métropole accompagne également les femmes en situation de monoparentalité ou de précarité et a par ailleurs augmenté son fonds d'aide aux jeunes de 45 000 euros, car beaucoup ont besoin de cette aide pour se loger et se nourrir. La collectivité soutient aussi de nombreuses structures qui participent à la lutte contre la précarité, à l'accueil et au suivi des populations durement touchées dans cette période de crise.

« On recense plus de 35% de familles que les services sociaux ne connaissaient pas avant la crise et qui ont désormais besoin de l'aide alimentaire aujourd'hui », indique Céline Deslattes, vice-présidente déléguée à l'insertion et à la jeunesse. « Nous serons donc attentifs aux foyers les plus fragiles, mais aussi à la qualité de la filière alimentaire », précise Salima Djidel, en charge de la sécurité alimentaire.

La Métropole va ainsi faire appel à la plateforme Manger bio ici et maintenant qui développe et propose aux collectivités « une offre bio prioritairement locale, complète, adaptée à la restauration collective, solidaire et accessible », ainsi qu'à la Banque alimentaire de l'Isère qui s'est portée acquéreur d'un foodtruck, lequel sera bientôt opérationnel pour sillonner le territoire.

« Prendre les transports en commun ne comporte pas de danger sanitaire »

En cas de neige, les services métropolitains assureront le déneigement des routes. « Il est aussi nécessaire de continuer à entretenir nos voiries et d'assurer un haut niveau de service», insiste Sylvain Laval, vice-président en charge des transports et président du Smmag Les chantiers et les travaux vont donc se poursuivre car c'est aussi une nécessité pour soutenir l'économie et l'emploi dans le contexte que nous connaissons ».

Concernant le service Métrovélo, il reste ouvert tout comme les agences de mobilité. Il sera bientôt proposé un tarif de -50% sur les locations à la journée, à la semaine et au mois, pour encourager la pratique du vélo pendant le confinement.

Concernant les transport en commun enfin, les services de la Semitag constatent une légère baisse de fréquence en soirée et sur certaines heures creuses. Une concertation est en cours avec les acteurs économiques mais aussi les professionnels de santé pour s'ajuster à leurs besoins : « Mais nous n'impacterons pas les heures de pointe, et le service sera assuré tout au long de la journée et adapté à la situation pour ne pas impacter les travailleurs, les étudiants et l'activité économique », promet encore Sylvain Laval, qui rappelle : « Tout est fait pour assurer le maximum de sécurité aux voyageurs, donc nous insistons sur le fait que prendre les transports en commun ne comporte pas de danger sanitaire pour les voyageurs ».

Protéger les agents de la collecte très exposés au virus

Tout l'enjeu de la collecte métropolitaine est d'assurer la continuité du service public tandis que les agents sont en première ligne face à d'autres citoyens. La Métropole incite donc les citoyens à bien respecter les gestes barrières et notamment le port du masque, et attire l'attention sur le fait que ces derniers doivent être mis dans un sac à part avant d'être jetés à la poubelle, 24h après seulement.

« Nous assurons la collecte des ordures ménagères normalement et la solidarité inter-services permettra si besoin de renforcer nos effectifs si des agents de la collecte étaient déclarés cas contact ou positifs», se félicite Lionel Coiffard, vice-président en charge de la gestion des déchets. Le traitement des déchets se fait comme d'habitude, que ce soit au centre de compostage, au centre de tri ou au sein de l'incinérateur. Les déchèteries restent quant à elles ouvertes comme à l’accoutumée.

Par ailleurs, le déploiement de la collecte des déchets alimentaires continue, notamment à Grenoble, au Pont-de-Claix, à Saint-Martin-d'Hères ou encore à Murianette, Claix et Domène, tout comme la collecte des textiles.

Une allocation "Eau" versée à plus de 10 000 foyers

Du côté de la régie "assainissement" et la régie "eau potable", là encore, l'ensemble des services est assuré, qu'il s'agisse de la surveillance des captages, de la production et de la distribution d'eau potable, de l'entretien des réseaux ou encore du fonctionnement d'Aquapole. La relation aux usagers est maintenue en présentielle lorsque les conditions le permettent, sinon par téléphone et internet. Les travaux de protection et d'entretien des cours d'eau et des ouvrages de protection contre les inondations se poursuivent également grâce à la mobilisation des techniciens et des entreprises.

L'équipe en charge de la gestion des deux réserves naturelles régionales continue ses missions, avec des tournées de surveillance. Enfin, l'allocation "Eau", adoptée à l'unanimité au dernier conseil métropolitain, a été versée fin octobre à plus de 10 000 foyers en précarité, ce qui représente à peu près 66 euros par famille.

Logement : anticiper les situations d'impayés et les expulsions locatives

Le logement est le premier poste de dépense des ménages et la situation économique et sanitaire va malheureusement encore aggraver ce phénomène. « La particularité de ce confinement est qu'il intervient en période de trêve hivernale », fait remarquer Nicolas Beron-Perez, vice-président en charge du logement. « Un plan d'anticipation construit avec les locataires, les propriétaires et les bailleurs sociaux va donc nous permettre de construire une plateforme d'accompagnement pour éviter les situations d'impayés et les expulsions locatives lorsque la trêve hivernale prendra fin ».

La Métropole rappelle aussi sa volonté de continuer à produire des logements publics, ce qui permettra par ailleurs de soutenir le secteur économique et de stabiliser l'emploi. Enfin, les agents des services publics poursuivent les maraudes après des squats et campements, en lien avec les associations.

Politique funéraire :«garder à l'esprit le respect des familles et la dignité des défunts»

Dans ce contexte de pandémie et d'explosion de la mortalité, la politique funéraire de la Métropole, qui gère le cimetière de Poisat, le crématorium de Gières et les Pompes funèbres intercommunale, a été réajustée. « Pour anticiper cette vague relativement prévisible, nous avons réorganisé les PFI avec le montage d'un chapiteau et la réquisition de la salle de cérémonie pour stocker des cercueils », détaille Eric Rossetti, vice-président en charge de la politique funéraire. Et « malgré l'agitation actuelle, j'insiste pour que nous gardions à l'esprit le respect des familles et la dignité des défunts, car nous le devons aux citoyens ».

De son côté, le crématorium pourrait bientôt fonctionner aussi le dimanche. Et la Métropole est en lien avec les autres crématoriums de la région qui pourraient lui venir en aide en cas de surcharge. Du côté du cimetière, une suractivité n'est pas constatée. Une cellule de veille entre la préfecture, la Métro, l'Agence régionale de santé (ARS), l'hôpital et les cliniques a aussi été mise sur pied pour anticiper au mieux les difficultés techniques.

«Cette épidémie n'est plus un sujet éloigné»

« Nous sommes une zone particulièrement touchée, que ce soit dans nos services ou dans nos entourages, », alerte encore Christophe Ferrari, président de la Métropole. «Cette épidémie n'est donc plus un sujet éloigné, mais un sujet de proximité dans la vie quotidienne de nos concitoyens, avec beaucoup de mortalité. Il convient donc de respecter les gestes barrières et le confinement pour se protéger et protéger les autres, et je veux exprimer ici toute ma gratitude aux agents métropolitains et communaux avec qui la coopération est exemplaire depuis le début de la crise sanitaire. Nous apportons aussi toutes notre reconnaissance aux personnels de santé, au services de secours, mais également aux caissiers, commerçants, agriculteurs, postiers, ouvriers, tous ceux qui travaillent pour que l'accès aux biens de nécessité soit maintenu ».

Une conférence de presse s'est tenue vendredi 6 novembre au siège de la Métropole en compagnie de l'ensemble des vice-présidents responsables des différents services métropolitains.