Autopartage : face à la crise sanitaire, “Citiz” plie mais ne rompt pas

Publiée le 17 septembre 2020

Durement touchée par la crise sanitaire, la société locale d’autopartage “Citiz Alpes Loire” résiste à la tempête et continue d’investir dans des projets d’avenir.

Durement touchée par la crise sanitaire, la société locale d’autopartage Citiz Alpes Loire résiste à la tempête et continue d’investir dans des projets d’avenir.

Compte tenu de l’engouement que connaît l’autopartage aujourd’hui, il faut (a minima) reconnaître à “Cities Alpes Loire une certaine forme d’opiniâtreté dans la concrétisation de sa vision au fil des 15 dernières années. En 2005, lors de sa création, elle n’était encore qu’une petite association locale proposant 4 voitures en autopartage à Grenoble. Baptisée “Alpes autopartage”, puis “Cité Lib” et enfin “Citiz Alpes Loire”, elle est désormais une Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC)* – la première à avoir été créée en Isère – présente dans 7 départements : de l’Isère à l’Ardèche en passant par la Haute-Savoie, la Savoie, la Drôme, la Loire et l’Ain.

Quelque 15 000 inscrits

Avec quelque 15 000 inscrits au compteur (pros et particuliers), elle gère aujourd’hui un parc automobile de 350 voitures en autopartage (de la citadine au minibus) disponibles dans une soixantaine de villes, dont Grenoble, Annecy, Chambéry, Annemasse, Saint-Etienne et Valence… Deux offres existent : l’offre “Citiz” qui nécessite une inscription et une réservation, et l’offre “Yea” qui propose des voitures en libre-service sans réservation et sans station fixe.

Point important, seuls les 2/3 de son parc roulant appartiennent à la coopérative, au profit d’un marché gagnant-gagnant avec le tiers restant : nombreux sont les ménages, entreprises et collectivités comme la Métropole à mettre leurs voitures à disposition de la coopérative, ce qui leur assure en contrepartie un revenu, un stationnement réservé, mais aussi la prise en charge de l’entretien et de l’assurance de leurs véhicules.

Une perte de 90% du chiffre d'affaires durant le confinement

Bref, en 15 ans, la petite association est donc devenue un acteur majeur et incontournable de la mobilité dans notre région. Ce qui ne l’a pas empêchée d’être durement touchée par la crise sanitaire. « Avant la crise, nous connaissions depuis 5 ans une croissance de 20% de notre chiffre d’affaires », révèle Stéphanie Pesenti, chargée de développement au sein de la société. Mais la période du confinement a mis la société à rude épreuve : « Nous avons perdu une partie importante de notre flotte. Seul un tiers de nos voitures a été maintenu durant la période, avec des offres préférentielles pour les personnes en première ligne face à la Covid-19 ». Au final, « cette histoire nous a bien couté 90% de notre chiffre d’affaires ».

À la faveur du déconfinement, “Citiz Alpes Loire” a mécaniquement repris des couleurs : grâce à des abonnés qui « ont tout de suite retrouvé leurs bonnes habitudes d’autopartage, ce qui nous a poussés à rouvrir toutes nos stations entre mai et juin », détaille encore Stéphanie Pesenti. « Sans compter qu’on a connu un taux d’occupation record sur les déplacements longue durée durant le mois d’août (départs en vacances, Ndlr) ». De quoi souffler un peu.

La généralisation du télétravail fait du tort à l'entreprise

Mais le compte n’y est encore pas totalement pour la société, car nombreuses sont les grandes entreprises, abonnées au service, qui continuent d’encourager leurs salariés à télétravailler et qui ont tout bonnement renoncé aux réunions qui ne leur sont pas absolument nécessaires. Une économie de déplacements qui constitue un manque à gagner important pour “Citiz Alpes Loire”, car « les professionnels représentent 40% de nos abonnés, ils sont plus réguliers dans leur location et ils pratiquent de plus longues distances que les particuliers ».

De nouvelles embauches et de l'ambition

Une - grosse - épine dans le pied de la société qui ne l’a pourtant pas empêchée d’embaucher, il y a quelques semaines, deux nouvelles personnes, portant à 15 son nombre total de salariés (sans compter les emplois induits par l’activité de “Citiz” qui travaille avec de nombreux prestataires). Loin de ralentir la cadence, son offre “Yea” d’autopartage en libre-service à Grenoble, vient même de s’étendre à Chambéry et Annecy et sera prochainement disponible à Valence, permettant aux utilisateurs de voyager entre ces villes.

« Malgré cette période, notre entreprise est stable et le nombre de nos abonnés ne désemplit pas », tient enfin à rassurer Stéphanie Pesenti. « Nous ouvrons en moyenne une quinzaine de stations par an dans la Métropole grenobloise, mais notre ambition pour demain, c’est de parvenir à en ouvrir une centaine chaque année, avec notamment plus de voitures électriques. Ici, nous aurons toujours besoin d’une voiture, pour aller en montagne notamment, et l’autopartage est l’une de ces solutions qui permettent de les utiliser intelligemment ».


*La Société coopérative d’intérêt collectif est une entreprise coopérative qui a pour objet la production ou la fourniture de biens ou de services d’intérêt collectif qui présentent un caractère d’utilité sociale et dont tout ou partie des salariés sont associés ou actionnaires. Les recettes sont réinvesties dans l’entreprise.