Quartiers prioritaires : la Métropole grenobloise labellisée Cité de l'emploi par l'Etat

Publiée le 25 janvier 2022

Nouvellement labellisée Cité de l'emploi, la Métropole décroche un chèque de 100 000 euros par an de l'Etat pour soutenir sa politique d'insertion dans les quartiers prioritaires de la Ville.

Nouvellement labellisée Cité de l'emploi, la Métropole décroche un chèque de 100 000 euros par an de l'Etat pour soutenir sa politique d'insertion dans les quartiers prioritaires de la Ville.
Mardi 18 janvier, Laurent Prévost, préfet de l'Isère, Christophe Ferrari, président de la Métropole, Barbara Schuman, conseillère métropolitaine et Corinne Gautherin, directrice départementale de l'emploi, ont salué la labellisation de la Métropole.

Au sein des deux Villeneuves de Grenoble et d'Echirolles, dans les quartiers Mistral et Renaudie-Champberton, le constat est sans appel : comme dans tous les Quartiers prioritaires de France, le taux de chômage y est en moyenne trois fois plus important que dans les autres territoires de la république. Avec une concentration importante de personnes à faibles niveaux de qualification, maîtrisant mal le français, une surreprésentation de jeunes en décrochage scolaire, et de femmes élevant seules leurs enfants pour qui il est pratiquement impossible de travailler. Au total, dans ces quatre quartiers de la Métropole, pas moins de 1721 personnes sont inscrites au RSA et 2500 d'entre-elles sont des demandeurs inscrits à Pole emploi.

Un dispositif malin : le "1% insertion"

Pour soutenir les habitants de ces quartiers, la Métropole finance depuis toujours, via le Contrat de ville, de nombreuses associations locales qui travaillent sur le terrain pour leur venir en aide (Adat, Aceisp, Missions locales). Mais depuis 2019, la collectivité a souhaité aller encore plus loin en conceptualisant un dispositif malin, baptisé le « 1% insertion ». Le principe ? Réserver 1% du budget global dédié au renouvellement urbain actuel de ces quatre quartiers métropolitains à la formation et l'emploi de leurs résidents. Soit, 3 millions d'euros sur 10 ans, dont un million de la part de la Métropole. « En lien avec l'ensemble des acteurs des quartiers, cette initiative nous a permis de proposer aux populations concernées des chantiers éducatifs d'insertion, des chantiers école BTP et nettoyage, des journées de coaching pour les diplômés, en lien avec des cabinet de recrutement, de la mise en relation avec des entreprises, mais aussi des stages pouvant déboucher sur des postes pérennes », indique Lison Personnaz, médiatrice pour l'emploi à la Métropole de Grenoble.

En 2021, et malgré les difficultés liées à la période sanitaire pour l'organisation de ces événements, 137 personnes ont pu bénéficier d'une action proposée dans le cadre de ce dispositif, dont 53 qui ont soit retrouvé un travail, soit intégré une formation professionnalisante. « En temps normal, on est plutôt entre150 et 200 bénéficiaires par an », précise encore la médiatrice.

La Métropole, Cité de l'emploi

Un premier succès qui a encouragé la Métropole à proposer en 2020 sa candidature pour la labellisation "Cité de l'emploi". Un programme lancé en 2019 par le gouvernement en direction des villes de France pour améliorer l'accès à l'emploi des habitants des quartiers prioritaires, avec un chèque de 100 000 euros par an à la clé. Depuis ce lancement il y a trois ans, le pays compte désormais plus de 80 Cités de l'emploi, dont notre Métropole. « Nous avons soumis notre dossier en mai dernier et nous avons été labellisée en juillet 2021 », reprend Lison Personnaz. « L'Etat a souhaité renforcer et accentuer l'action que nous portions déjà sur nos quartiers afin de nous permettre de monter en charge et en compétences dans nos initiatives » Résultat : « Nous avons pu créer un poste permettant de suivre les situations de chacune des personnes que nous aidons - ce qui faisait défaut au dispositif métropolitain des « 1% insertion » -, d'installer des permanences emploi dans les quartiers pour aller à la rencontre des gens et leur proposer du travail et de réaliser un premier bilan de nos actions intégrant la prise en compte de la parole des habitants.»