Comment la Métropole accompagne les agriculteurs et les “circuits courts”

Publiée le 3 juin 2020

La crise sanitaire actuelle et les deux mois de confinement ont bousculé les habitudes d’achat alimentaire. Les habitants ont montré un attrait accru pour la consommation locale et en circuit court, un système que la Métropole accompagne de plusieurs manières.

Une agricultrice au travail dans un champ près de Grenoble.

Aux côtés des agriculteurs et éleveurs pendant la crise, la Métropole s’est attachée à répondre aux questions de court terme, en particulier pour trouver des débouchés à des produits que la restauration ne pouvait plus acheter, et éviter ainsi des pertes. Grâce à des outils de commercialisation ou de promotion déjà utilisés sur le territoire métropolitain, la réorganisation de l’offre de produits locaux a sans doute été plus efficace qu’ailleurs.

Trouver des débouchés aux producteurs locaux

Par le biais des groupements d’acheteurs de type AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne), les produits ont pu être réorientés vers des redistributions en paniers, par village ou par quartier.

Une plateforme d’échanges entre producteurs et distributeurs a été mise à disposition des agriculteurs, afin de les orienter vers des lieux et circuits de distribution qui manquaient de produits : moyenne et petites surfaces spécialisées de centre-ville ou de centre bourg ou plateformes de vente en ligne locales qui ont connu une croissance fulgurante.

Pour faciliter ce travail, la Métropole, en collaboration avec la Chambre de Commerce et d’Industrie de Grenoble et la Chambre des Métiers et de l’Artisanat de l’Isère, a notamment contacté près de 500 commerces pour leur proposer d’être mis en relation avec des producteurs locaux.

La Métropole a également mis en visibilité sur son site internet une quarantaine de producteurs du territoire métropolitain avec les modalités de vente associées afin de promouvoir la vente directe. Une page qui a reçu rien moins que 10 000 visites par jour au début de la crise.

La question de la tenue des marchés de détail a également constitué un enjeu important. La Métropole a accompagné durablement les communes lors du confinement, avec l’appui de la Chambre d’agriculture, pour travailler à leur autorisation par la Préfecture de l’Isère. Grâce à ce travail collectif, la grande majorité des marchés de plein air de la Métropole ont pu rouvrir au bout de quelques jours.

Enfin, le Marché d’Intérêt National (MIN), propriété de la Métropole, a continué à fonctionner et a été ouvert gratuitement à tous les producteurs, jouant un rôle central dans le maintien de l’approvisionnement des commerces de proximité en produits frais.

 

Un objectif : développer l'autonomie alimentaire du territoire

A l’heure où s’amorce le déconfinement, la priorité est la remise en marche des filières à l’arrêt (restauration collective publique et privée, tourisme, restauration de proximité et de loisir…). Mais l’objectif de la Métropole est plus globalement de développer l’autonomie alimentaire du territoire et de limiter la dépendance aux produits importés, en agissant à la fois sur la production et la consommation.

C’est dans cet esprit que le plan d’urbanisme de la Métropole voté cette année (PLUi) a rendu 190 hectares supplémentaires de terres à l’usage de l’agriculture. La Métropole accompagne également les professionnels vers une agriculture de qualité et écoresponsable.

Les aides à l’installation qu'elle distribue sont ainsi plus importantes pour les projets qui intègrent le cahier des charges de l’agriculture biologique et pour ceux qui valorisent les circuits courts.

Enfin, elle organise des appels à projets auprès des agriculteurs sur leurs grands enjeux, à savoir le passage à une agriculture biologique, une moindre utilisation d’eau, une commercialisation avec moins d’intermédiaires, des nouveaux services (drives fermiers, plateformes locales en ligne, coopératives de consommateurs, logistique partagée…) etc.

La ferme métropolitaine des Maquis, la réussite d'un projet partenarial

Début juin, le président de la Métropole, Christophe Ferrari, est allé visiter la ferme métropolitaine des Maquis installée entre Gières et Saint-Martin-d'Hères.

C’est d’abord pour éviter la disparition de toute activité agricole sur son secteur que la première ferme intercommunale a vu le jour en 2013 sur la colline du Murier, entre Saint-Martin-d’Hères et Gières sur une trentaine d’hectares de terrains agricoles (13 hectares) et forestiers (17 hectares), propriété de la Métropole.

Associant la Métropole, quatre communes (Gières, Eybens, Poisat et Saint Martin d’Hères), les habitants et tous les acteurs locaux, et financée également par le Conseil régional et l’Union européenne, cette démarche est l’aboutissement d’un projet commun et d’une volonté de réinstaller un siège d’exploitation agricole tout en confortant la dimension pédagogique du site.

La ferme des Maquis est une chèvrerie (80 chèvres) en production biologique, dans laquelle trois associés d’un Groupement agricole d’exploitation en commun (GAEC) sont locataires de la ferme au titre d’un bail environnemental. Le fromage produit est commercialisé en circuits court et environ deux classes par semaines sont accueillies en ferme pédagogique.

L'agriculture dans la métropole en 3 chiffres clés

  • 250 agriculteurs
  • Plus de 225 exploitations professionnelles
  • 8 200 hectares d’espaces agricoles (soit 15% du territoire)