Biomax : une nouvelle centrale de chauffage 100% bois dans la métropole

Publiée le 21 février 2020

Elle entrera en service fin mars et permettra d’alimenter jusqu’à 20 000 ménages en chauffage et 10 000 en électricité.

La nouvelle unité métropolitaine de chaleur 100% bois Biomax permettra d’alimenter jusqu’à 20 000 ménages en chauffage et 10 000 en électricité.

Aménagé sur la Presqu’île de Grenoble, ce nouvel équipement utilisera des technologies de pointe en matière d’efficacité énergétique. Elles permettront de renforcer la part d’énergies renouvelables et locales alimentant le réseau de chauffage urbain (ambition 100 % en 2033) et d’améliorer la qualité de l’air en réduisant le recours aux énergies fossiles encore sollicitées lors des pics de consommations.

Biomax contribuera ainsi à satisfaire les objectifs de la Métropole à l’horizon 2030 : réduire de 22% la consommation énergétique du territoire, de 30% la consommation d’énergies fossiles tout en augmentant de 35% la production locale d’énergies renouvelables et de récupération.

Produire en même temps de la chaleur et de l'électricité

Particularité, cette nouvelle centrale produira, en même temps, de la chaleur et de l’électricité, permettant à la fois une rentabilité économique et écologique : c’est ce que l’on appelle “la cogénération”, un procédé qui consiste dans la production, dans le même temps, d’électricité et d’énergie thermique, au sein d’une même installation et à partir d’une même énergie entrante, en l’occurrence du bois.

La chaleur produite sera distribuée dans le réseau de chauffage urbain pour chauffer jusqu’à 20 000 équivalents logements. Quant à l’électricité produite, elle sera distribuée pour partie à près de 10 000 équivalents-logements, le reste servant à répondre à la consommation propre de la centrale.

Une capacité de stockage thermique inégalée en France

La capacité de stocker l’énergie constitue un atout essentiel pour optimiser les énergies renouvelables et de récupération : Biomax produira de l’énergie renouvelable en période creuse, la stockera et pourra ensuite la restituer lors des pics de consommation de début et fin de journée.

Cette technologie permet d’éviter le recours à des centrales d’appoint (qui fonctionnent au fioul et au gaz) lorsque la demande devient trop forte. Un volume de 600 m3 d’eau surchauffée pourra ainsi être stocké pour lisser la production. Il s’agit du premier stockage à haute pression de grande capacité en France.

Une chaleur fatale valorisée pour sécher la biomasse

Biomax utilisera l’énergie fatale (énergie perdue au cours d’un procédé ou de l’utilisation d’un produit (chaleur qui s’échappe d’une ampoule électrique, d’un procédé industriel, exploitation des eaux usées, des déchets…) pour sécher le bois avant qu’il soit brûler. Cette technique, qui évite de rejeter inutilement de l’air chaud dans l’atmosphère, permet d’atteindre des rendements thermiques et électriques exceptionnels, à hauteur de 92%. À titre de comparaison, les centrales thermiques classiques ont un rendement énergétique de moins de 50% et les centrales à gaz à cycle combiné ont un rendement énergétique de 55%.

Du bois local issu de forêts durables

Pour produire de la chaleur, Biomax brûle du bois, conditionné sous formes de « plaquettes forestières » à haut rendement énergétique. La totalité de ce bois est local puisque la distance moyenne d’approvisionnement est de 52 kilomètres autour de Grenoble (100 kilomètres maximum, dans des forêts durablement gérées, c’est-à-dire des forêts bénéficiant par exemple des certifications PEFC, FSC…

Biomax contribuera au dynamisme de l’économie iséroise du bois, une filière qui compte 2 700 entreprises et 6900 salariés selon l’Interprofession du bois, Créabois. Le bois est par ailleurs une énergie quasiment neutre en émission de CO2 car il rejette, lors de sa combustion, le CO2 qu’il a capté pendant sa croissance.

Un traitement des fumées très strict

La production d’énergie est soumise à des normes très strictes. Les sites de production sont ainsi équipés des systèmes de traitement des fumées les plus performants, avec une qualité des rejets mesurée en continu et contrôlée par la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL). La chaudière de Biomax 100 % bois fonctionnera en-dessous des seuils d’émissions de poussières, de dioxyde de soufre, d’oxyde d’azote et de monoxyde de carbone fixés par arrêté ministériel.

Au-dessus des cheminées, la vapeur d’eau qui se condensera rendra les fumées blanches, un signe de faibles émissions et d’excellente performance énergétique.

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