Convention citoyenne pour le climat : les participants se confrontent aux réalités

Publiée le 20 juin 2022

Ces samedi 18 et dimanche 19 juin à la Maison de la création et de l’innovation du campus universitaire, s’est tenue la 3e session de la Convention citoyenne métropolitaine pour le climat : 120 habitants de la Métropole réunit pour trouver des mesures locales pour préserver le climat. On y était...

Ces samedi 18 et dimanche 19 juin à la Maison de la création et de l’innovation du campus universitaire, s’est tenue la 3e session de la Convention citoyenne métropolitaine pour le climat : 120 habitants de la Métropole réunit pour trouver des mesures loc

Une session qui a permis aux habitants d'entrer dans le dur de l’ambition de cette Convention. Celle de commencer, par-delà les a priori, à se forger une opinion solide sur ce qui pourrait être mis en place dans la Métropole pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Sous forme de speed meeting de 30 minutes, les citoyens ont donc échangé avec différents intervenants issus des mondes associatifs, économiques et institutionnels. Sur des sujets aussi variés que l’alimentation et l’agriculture, l’habitat et l’urbanisme, les mobilités, la consommation, la captation du carbone, l’activité économique du territoire, l’éducation ou encore la formation et l’emploi... Autant de thématiques souvent complexes à prendre en compte dans leur réflexion, tant la transition énergétique appelle des transformations à réaliser tous azimuts.

Garder l’esprit critique face aux annonces

Côté mobilité par exemple, trois experts du CEA, pas toujours d’accord entre eux sur les perspectives à long terme - et notamment sur le nucléaire -, sont venus présenter leurs réflexions et les options technologiques déjà concrètes ou encore dans les cartons des labos qui pourraient être mises en place pour contribuer à en finir avec le carbone et ses ravages. Après avoir fait, au préalable, un peu de pédagogie en problématisant et en soumettant quelques bons sites internet permettant de « garder l’esprit critique face aux annonces de tous bords qui se multiplient » : « D’où viennent les émissions de transports ? Les batteries, bonne ou mauvaise idée ? Et l’hydrogène ? Et les routes électriques ? « L'idée, c'est de transmettre aux participants des éléments les plus factuels et les plus fiables possible ».

« C’est toujours aussi dense », confirme Félix Chassagne, administrateur systèmes, tiré au sort pour contribuer à la convention en tant que citoyen. « Si la première session a permis à chacun de se constituer des connaissances communes sur la réalité climatique et la deuxième de nous projeter dans l’avenir pour entrevoir et rêver le futur, aujourd’hui, on est dans le concret : on se confronte aux problématiques avec des options très différentes, voire contradictoires et pointues. Je trouve ça bien que les infos soient indépendantes et sourcées… là-dessus, il n’y a rien à dire. La seule chose que je craigne, c’est ce que vont faire nos élus locaux de tout ça. Ces trente dernières années, notre gouvernement a été alerté par les rapports du GIEC, et il n’a pourtant rien fait… Alors pourquoi nos élus respecteraient-ils nos préconisations à l’issue de la convention ? On verra bien ».

Identifier les bons leviers

Même crainte du côté d’Hélène Audren, retraitée de l’Éducation nationale qui soutient néanmoins la démarche qui l’a « tout de suite intéressée », parce qu’« il faut que tout le monde fasse sa part, chacun à son petit niveau ». Croisée sur l’atelier animé par un représentant de la chambre d’agriculture, la question de l’alimentation est « cruciale » pour cette fille d’agriculteur. « J’avais déjà pas mal d’éléments de compréhension sur le climat, reprend-elle, mais c’est une réalité complexe qui concerne tous les champs de la société. Ces sessions nous permettent de nourrir notre réflexion, de voir comment les choses sont imbriquées pour mieux identifier les bons leviers à actionner. »

Tout le monde est capable de comprendre

Solène Michaud, en charge du développement durable chez GEG Hydro Solutions et intervenante lors de cette session, abonde : « Il ne faut pas que le sujet des énergies soient réservés aux industriels et aux élus. Tout le monde est capable de comprendre, de contribuer de manière éclairée, et le débat n'est pas encore terminé. Par exemple, concernant ma spécialité, on entend souvent qu’il n’y a plus rien à faire en matière d’hydroélectricité en France, or ce n’est pas vrai. Les technologies évoluent et il suffirait parfois de remplacer certaines pièces de certains barrages pour accroître de manière importante la production d’énergie hydraulique ! »

Même enthousiasme pour Bruno Charrat, directeur de programme au CEA et intervenant : « La convention nationale, complètement inédite, a montré que lorsque l’on regroupe des gens venus de tous horizons pour traiter de questions aussi complexes que celle du climat, ces gens parviennent à proposer des solutions très sérieuses et de haut niveau. Ce genre d’initiative est très stimulante, notre rôle est donc d'informer les participants de la manière la plus complète et la plus factuelle possible ».

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