Exposition "100 ans de paysages depuis la Tour Perret"

Publiée le 27 janvier 2022

Proposée à la Plateforme jusqu'au 20 février (de 13h à 19 h) dans le cadre de l'événement "Grenoble, capitale verte européenne 2022", l'exposition rend compte des bouleversements considérables qu'a connu le bassin grenoblois sous la pression foncière depuis le début du 20e siècle. Saisissant.

Proposée à la Plateforme jusqu'au 20 février (de 13h à 19 h), l'exposition rend compte des bouleversements considérables qu'a connu le bassin grenoblois sous la pression foncière depuis le début du 20e siècle. Saisissant.

Une colline du Mûrier dépouillée de ses arbres et garnie de champs cultivés. Une grande plaine agricole qui ceint Grenoble des contreforts de Belledonne à la Villeneuve, où l'on y cultive des céréales, du chanvre ou de la betterave. Plus près encore de la ville centre, des terres dédiées au maraîchage et des jardins potagers, encore, structurant les faubourgs... Malgré les élans des citoyens et les initiatives lancées ça et là ces dernières années par les collectivités pour un retour à la terre - à l'instar de la ferme des maquis, notamment -, il ne reste plus grand chose de ces paysages. Du moins dans les proportions d'autrefois qui nous sont rappelées ici.

1925 : médiatiser la modernité de la ville

Voilà ce que nous remémore de manière saisissante les précieuses photographies réalisées en 1925, depuis la Tour Perret, par René Rivière de la Société d'amateurs photographes (SDAP), pour le compte du Touring club de France. Autant de photos conservées jusque-là par le musée Dauphinois et la Bibliothèque d'études et du patrimoine. Et l'année 1925 n'est pas une date fortuite dans l'histoire de Grenoble. C'est cette année que s'est tenue, sous l'impulsion du maire de l'époque, Paul Mistral - qui voulait médiatiser une image moderne de sa ville -, l'Exposition internationale de la houille blanche dédiée « à l'hydroélectricité, au tourisme, aux chemins de fer, aux alpes et aux colonies ».

De cette exposition qui accueillit pendant cinq mois plus d'un million de visiteurs, seule subsiste la Tour Perret, ce belvédère en béton armé de 108 mètres de haut construit pour « contempler les montagnes ». Un objet du souvenir que la Ville de Grenoble réhabilite actuellement avec l'ambition de la rouvrir à la population en 2025. L'essor industriel qu'a connu Grenoble (ganterie, papeterie, etc.) au début du XXe siècle a précipité la ville dans une modernité marquée par une urbanisation massive nécessaire, qui dut prendre en compte la géographie particulière d'une ville non extensible, "coincée" entre les massifs.

Les champs cèdent le pas à l'habitat collectif

Et c'est précisément ce que mettent en évidence les images prises en 2020 par les photographes Jean Sébastien Faure et Sylvain Frappat, en conservant les mêmes angles de prises de vues que celles prises 100 ans plus tôt par leur prédécesseur de la Société d'amateurs photographes. Les cultures maraîchères et céréalières devenues marginales ont été repoussées très loin au sud de l'agglomération, et les anciennes petites maisons d'ouvriers comme les grandes demeures de patrons - et leurs fabriques plus ou moins attenantes - ont quasiment disparu. Au profit d'habitats collectifs désormais incarnés par des successions d'encastrement d'immeubles qui semblent par contraste infernales.

Un retour de la vigne ?

Un regard est aussi jeté sur les flancs des communes de la Tronche et de Corenc qui, au début du 20e siècle, accueillent un immense vignoble où y poussent des raisins typiques qui ne survivront pas au phylloxéra, aux guerres et à l'industrialisation. Ces coteaux ont aujourd'hui largement laissé place à une résidentialisation plus rentable qui ne permet plus aux agriculteurs de les cultiver. A contre courant, quelques vignerons militants se sont cependant installés sur les contreforts de Chartreuse pour redonner vie à des vins biologiques ou naturels grâce à la renaissance de cépages anciens, adaptés au pays.

Une exposition qui en somme interroge sur la façon dont nous fabriquons les villes et sur la manière dont nous les habitons.

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