Astronomie : un spectromètre fabriqué à Grenoble

Publiée le 28 juillet 2021

Un instrument, conçu à Grenoble, pourrait apporter pour la première fois une réponse à la question que se posent les astronomes du monde entier : à quoi ressemblaient les premières étoiles ?

Le spectromètre Concerto
Le spectromètre Concerto : © Alessandro Monfardini
Le spectromètre Concerto a été installé sur le télescope Apex dans le désert d’Atacama au Chili.

Les premiers objets célestes se sont formés entre 600 millions et 1,2 milliard d’années après le Big Bang (survenu il y a environ 14 milliards d’années). Cette période méconnue, entre la fin de “l’âge sombre” de l’univers et le début de “l’âge des lumières”, est appelée la “réionisation cosmique”.
Il y a trois ans, une équipe de chercheurs de l’Institut Néel de Grenoble, du Laboratoire de physique subatomique et de cosmologie de Grenoble et du Laboratoire d’astrophysique de Marseille s’est mise en tête de concevoir un instrument capable de remonter dans le temps et d’étudier cette réionisation. Le résultat ressemble à un “gros frigo” pesant une centaine de kilos rempli de câbles, de lentilles, de détecteurs et d’une grosse caméra de 4 000 pixels capable de prendre des photos à une température proche du zéro absolu (-273 °C).

Pilotable à distance

Baptisé Concerto, ce spectromètre a été entièrement conçu et fabriqué à Grenoble, grâce notamment « à la technologie de la cryogénie et des connaissances sur la supraconductivité » développées dans la capitale des Alpes, souligne Alessandro Monfardini, directeur de recherche à l’Institut Néel. « C’est le premier instrument de ce type au monde, capable de fournir des images de l’univers en 3D. Grâce à lui, on pourra repousser les limites de l’observationnel et savoir enfin quelles têtes avaient les premières galaxies ». Concerto a été installé sur le télescope Apex à Chajnantor, dans le désert d’Atacama, au Chili. Situé à plus de 5 000 mètres d’altitude et doté d’un air très sec, le site est idéal pour l’observation astronomique et accueille le réseau international ALMA regroupant 66 télescopes. Si les scientifiques peuvent piloter Concerto dans une salle de contrôle sur place, la crise sanitaire a obligé les chercheurs français à innover et rendre le spectromètre entièrement contrôlable à distance, c’est-à-dire depuis Grenoble.