Pollution lumineuse : 23 communes de la Métropole s’engagent à moderniser leur éclairage public

Publiée le 7 juillet 2021

À l’horizon 2035, la Métropole grenobloise souhaite diminuer de 60% la consommation énergétique liée à l’éclairage public de son territoire. Explications.

A l’horizon 2035, la Métropole grenobloise souhaite diminuer de 60% la consommation énergétique liées à l’éclairage public de son territoire.

Des rues, des autoroutes, des monuments, des zones commerciales, des lotissements… éclairés chaque nuit de l’année, souvent par des installations anciennes qui laissent à désirer en termes d’efficacité énergétique. Si la sécurisation des villes et des villages passe nécessairement par l’éclairage public, celui-ci est désormais à repenser et à rationaliser dans bon nombre de cas.

Des économies financières et un bénéfice pour la biodiversité

En jeu ? Des économies financières substantielles pour les collectivités et un bénéfice considérable pour l’épanouissement de la biodiversité dont on connaît désormais la fragilité et le déclin. Saviez-vous par exemple que l’éclairage public compte pour environ 45% des consommations d’électricité des communes ? Que pour une ville de 6000 habitants, son coût est aux alentours de 50 000 euros par an ? Quant aux impacts sur la faune, saviez-vous que les éclairages perturbent les migrations nocturnes des rouges-gorges, des grives ou des alouettes ? Que pour le petit rhinolophe, une espèce de chauve-souris menacée en Rhône-Alpes, une zone éclairée représente une barrière infranchissable ? Que, lorsqu’ils les traversent, les zones éclairées peuvent aveugler de nombreux animaux nocturnes pour une durée pouvant aller de plusieurs minutes à plusieurs heures ?

Une économie de 21 à 38 millions d'€

Pour toutes ces (bonnes) raisons, la Métropole grenobloise a donc pour ambition de réduire de 60% la consommation énergétique liée à l’éclairage public de ses communes à l’horizon 2035, soit une économie de 21 à 38 millions d’euros selon l’évolution du prix de l’énergie. Pour y parvenir, elle souhaite notamment doubler le parc de points lumineux concernés par une politique d’extinction nocturne, généraliser la réduction de l’intensité lumineuse en milieu de nuit et appliquer des préconisations spécifiques de protection de la biodiversité dans l’ensemble des zones naturelles, agricoles et forestières.

67 000 points lumineux dans la métropole

Pour y parvenir, elle invite ses 49 communes à signer une charte qui les engage à débuter ou à poursuivre (en fonction de la situation des communes) la modernisation de leur éclairage public, en concevant le juste éclairage et en luttant contre l’éclairage inutile. Aujourd’hui, 23 communes (voir la liste en bas de l'article) ont déjà signé cette "Charte d’engagements lumière". Et l’enjeu est de taille, puisqu’elles totalisent, à elles seules, 44 000 points lumineux sur les 67 000 que comptent la métropole et que la rénovation d’un tel patrimoine est par ailleurs susceptible de générer une économie de 15 à 21 millions d’euros sur les quinze prochaines années...

Quelques exemples de modernisation possible

De nombreuses solutions (déjà en place ou à venir) existent pour concrétiser cette transition énergétique de l'éclairage public : selon les communes, il s’agit notamment de prévoir une extinction nocturne en milieu de nuit, de supprimer des luminaires, ou d’installer des détecteurs de présence. D’autres encore ont déjà opté pour des lampadaires possédant des températures de couleurs basses, plus respectueuses de la faune et des espaces naturels ou pour des systèmes de gestion centralisée qui leur permettent de piloter à distance une modification de l’horaire d’extinction nocturne...

Les maires témoignent

« Depuis 2018, nous éteignons les lampadaires de la commune de minuit à 5h du matin », témoigne Gilles Strappazzon, maire de Saint-Barthélemy-de-Séchilienne. « Nous avons profité de la réfection de nos réseaux secs il y a quelques années pour repenser notre éclairage. Aujourd’hui, les 2/3 de notre parc fonctionnent avec des leds, ce qui nous a permis de diviser par deux notre dépense d'énergie et par trois notre consommation ». Sans compter qu’« on voit revenir dans nos jardins tout un tas d’espèces, des renards, des chevreuils, des blaireaux ou des hérissons, et qu’on a moins de rassemblement de jeunes sous les lampadaires ».

Sylvain Duloutre, maire de Sarcenas, explique à son tour avoir « souhaité signer cette charte car l’équipement de notre commune est obsolète en termes de puissance et de consommation. Nous souhaitons donc rationaliser et moderniser notre éclairage en installant notamment des leds et en réalisant des coupures». La commune espère, à terme, pouvoir compter sur une diminution de 70% de ses coûts liés à la consommation et à la maintenance.

Un sujet également « cher » aux yeux du maire de Vaulnaveys-le-Haut, Jean-Yves Porta. « Car nous pratiquons l’extinction nocturne depuis 2018 et cela nous a permis de financer des investissements considérables pour moderniser notre éclairage, avec un système de commande à distance dont on peut gérer l’intensité ». Au total, 160 points lumineux ont été remplacés par des équipements plus adaptés au respect de la biodiversité.

Les 23 communes signataires

Noyarey, St-Barthélémy-de-Séchilienne et Proveysieux, Bresson, Champagnier, Claix, Fontaine, Gières, Grenoble, Herbeys, Jarrie, La Tronche, Meylan, Poisat, Pont de Claix, Quaix-en-Chartreuse, St-Egrève, Saint-Martin-le-Vinoux, Sarcenas, Seyssins, Vaulnaveys-le-Haut, Varces-Allières-et-Risset, et Veurey-Voroize.

Les 23 maires volontaires se sont retrouvés ce mardi 6 juillet à Vaulnaveys-le-Haut pour signer la "Charte métropolitaine d'engagements lumière".

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