L’Ours qui danse : la Métropole renoue avec l’art dans l’espace public

Publiée le 20 mai 2021

À la demande de la Métropole, David Moinard a imaginé un projet artistique d’envergue projetant une vingtaine d’œuvres dans l’espace public, reliées entre elles par des « sentiers d’art ».

Sur le campus universitaire, scupture d'Alexander Calder, La Cornue, qui a été rebaptisée Le Chat par les étudiants.
Sur le campus universitaire, scupture d'Alexander Calder, La Cornue, qui a été rebaptisée Le Chat par les étudiants. : Grenoble Alpes Métropole
Sur le campus universitaire, scupture d'Alexander Calder, La Cornue, qui a été rebaptisée Le Chat par les étudiants.

L’aviez-vous remarqué, cet ours qui danse ? Cet ours, c’est la forme cartographique de la Métropole et de ses 49 communes. C’est aussi le nom du projet imaginé par David Moinard, commissaire artistique, visant à développer l’art dans l’espace public métropolitain. Sous-titré « Sentiers d’art dans la Métropole des Alpes », il verra l’installation, à terme, d’une vingtaine d’œuvres dans des sites emblématiques de l’agglomération. Avec les « gestes artistiques » de cet « Ours qui danse », le territoire entend renouer avec sa grande tradition de l'art dans l'espace public.

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« Cela fait un an que nous sommes privés de notre relation privilégiée avec l’art et les artistes, a rappelé en préambule Christophe Ferrari, président de Grenoble Alpes Métropole lors de la présentation du projet. Or, l’art est un formidable moteur de transformation. C’est également un vecteur d’émotion (…), de compréhension de soi-même, du monde mais aussi des grandes transformations et des grandes transitions qui sont en cours ».

Pour accueillir les premières œuvres, trois sites ont été retenus. D’abord, le centre-ville de Vizille qui accueillera le travail de l’artiste suisse Felice Varini. Celui-ci s’est rendu célèbre avec ses anamorphoses géantes, une technique permettant de déformer une image afin qu’elle ne soit visible que d’un seul point de vue. Felice Varini a appliqué, par exemple, d’immenses « cercles concentriques excentriques » jaunes sur les murs de la cité de Carcassonne. À Vizille, il propose de créer une ligne en « double zig zag » en feuilles d’argent reliant une vingtaine d’immeubles du centre-ville.

Ermitage et Arche de Noé

Autre lieu emblématique de la Métropole : le Col de Porte, à Sarcenas, accueillera un refuge qui permettra à sa résidente, ou à son résident, de profiter d’un moment de solitude, d’un temps de réflexion. Situé volontairement à l’écart du monde, à l’instar du monastère de la Grande Chartreuse situé à quelques kilomètres de là, cet ermitage contemporain, imaginé par Victor Remère, sera construit en s'inspirant des structures des cristaux de neige avec des matériaux locaux, comme le bois de Chartreuse.

Troisième projet, celui de Liliana Motta sur la Presqu’île de Grenoble, un « territoire d’avenir » avec le Synchrotron et tous les laboratoires de recherche, et un territoire « en devenir » avec ses nouveaux aménagements en cours. L’artiste franco-argentine y a imaginé un « cheminement » d’une centaine de mètres qui emmènera le promeneur au bout du bout, à la confluence du Drac et de l’Isère. Baptisé « Après le déluge », en référence au mythe de l’Arche de Noé, ce parcours servira de lieu d’observation privilégié d’un paysage encore méconnu des métropolitains.

Les études de faisabilité technique et budgétaire de ces trois projets seront terminées d’ici la fin de l’année ; la production des œuvres pourra donc démarrer à partir du début d’année prochaine. Deux autres sites emblématiques du territoire métropolitain ont été retenus pour accueillir des œuvres : le portique Vicat au-dessus de l’A480, symbole de l’histoire industrielle du territoire avec ses wagonnets, et le projet GrandAlpe, la plus grosse opération de réaménagement urbain de la Métropole. Des artistes ont déjà commencé à travailler sur ces sites.

L’objectif de la Métropole et de David Moinard est de créer, sur plusieurs années, une vingtaine de « gestes artistiques » répartis sur l’ensemble de l'agglomération. Ces œuvres auront ensuite vocation à être reliées entre elles pour créer des « sentiers d’art » qui pourraient prolonger d'une certaine façon les nombreux sentiers de randonnée qui entrent et sortent du territoire urbain. « Ce projet doit permettre d’inscrire notre territoire comme étant porteur, comme étant un soutien à l’émergence d’un art des transitions », a souligné Pascal Clouaire, vice-président de la Métropole chargé de la culture.

David Moinard, Victor Remère, Felice Varini et Liliana Motta;
David Moinard, Victor Remère, Felice Varini et Liliana Motta; : Grenoble Alpes Métropole / Lucas Frangella
David Moinard, Victor Remère, Felice Varini et Liliana Motta.

Le premier symposium français de sculpture à Grenoble

En 1967, la ville de Grenoble accueille le premier symposium français de sculpture. Pendant deux mois, 14 artistes s’installent dans le parc Paul-Mistral et au Village Olympique : Natalino Andolfato, Gregor Apostu, Ivan Avoscan, Miroslav Chlupac, Costa Coulentianos, Maxime Descombin... Ils vont réaliser des œuvres monumentales, pensées pour le plein air et destinées à demeurer sur place. C'est en partie grâce à leur travail que le territoire est devenu un musée à ciel ouvert. Cet élan créatif a perduré (notamment pour les Jeux Olympiques) avec l’acquisition de pièces signées des plus grands noms de l’art contemporain comme Alexandre Calder.