Persévérance : un peu (plus) de Grenoble sur Mars

Publiée le 24 février 2021

Opéré par la Nasa, le rover Perseverance embarque de nombreuses technologies françaises auxquelles deux laboratoires grenoblois ont contribué. Explications

Piloté par la Nasa, le rover Perseverance embarque de nombreuses technologies françaises auxquelles deux laboratoires grenoblois ont contribué. Explications
Perseverance sur le sol martien (vue d'artiste) ©Nasa

Lancée le 30 juillet 2020 par une fusée Atlas V depuis la base de lancement de Cap Canaveral en Floride, la sonde spatiale Mars 2020 développée par la Nasa et transportant l’astromobile Perseverance, est arrivée à bon port le 18 février dernier : comme prévu, le rover a atterri sur la planète Mars, au sein du cratère Jezero de 45 km de diamètre, où se trouvait il y a 3,5 milliards d’années un lac permanent. Cet emplacement a été choisi par les scientifiques parce qu'il conserverait les traces de plusieurs deltas de rivière favorables à l’apparition de la vie et présenterait une grande diversité géologique.

7 mois et 470 millions de km de traversée

Après sept mois et 470 millions de km de traversée dans le vide spatial, l’astromobile Perseverance a donc pu ouvrir ses yeux et tendre ses oreilles sur la planète rouge. Opéré par la Nasa, le véhicule équipé des derniers savoir-faire terrestres en matière d'exploration spatiale, a désormais pour tâche de prélever des échantillons du sol martien et d’effectuer diverses mesures. L’objectif final est de permettre, à l’horizon de la fin de l’année 2031, le retour sur terre de ces prélèvements via différentes missions relais qui seront lancées à partir de l’année 2026.

Un robot labo d'une tonne

Si le rover d’une tonne est monitoré par la Nasa, il est doté de nombreuses technologies européennes dont la France fait partie des plus gros contributeurs étrangers. Pour mener à bien ces opérations, il embarque en effet une petite dizaine d’instruments dont de nombreuses caméras, un enregistreur sonore, une station météorologique, l’expérience “Moxie” visant à savoir si l’on peut récupérer de l’oxygène localement et même un petit hélicoptère expérimental, appelé Ingenuity, qui permettra de préciser les conditions de vol dans cette atmosphère.

Le premier hélicoptère martien ! (vue d'artiste) ©Nasa

SuperCam : un instrument vedette en partie made in France

Mais parmi tous ces instruments, c'est bien SuperCam qui fait office de figure de proue en nous prêtant ses yeux et ses oreilles... Version améliorée de l'instrument franco-américain ChemCam déjà greffé à l'astromobile Curiosity qui explore le sol martien depuis août 2012, elle a été imaginée par le LANL américain et le CNES français, avec la participation de nombreux laboratoires dont les Instituts grenoblois de planétologie et d’astrophysique (Ipag) et celui des sciences de la Terre (IsTerre), par ailleurs déjà engagé dans l'aventure de Curiosity. Comme ChemCam, SuperCam analyse la composition chimique des roches, mais elle détermine en plus leur composition minéralogique...

« Nous n’avons pas participé à la construction de SuperCam mais nous avons participé à son paramétrage, à la validation de ses performances et au calibrage des caractéristiques des échantillons qui seront prélevés », précise Pierre Beck, professeur à l’UGA et chercheur à l’Ipag. « En clair, nous faisons en sorte de rendre interprétable les données fournies par SuperCam et d’obtenir des données de qualité sur les observations des roches ». Depuis l'atterrissage de Perseverance, l'Ipag et l'Isterre poursuivent leur contribution à la mission grâce à leurs instrumentations en laboratoire qui vont permettre de simuler les observations de SuperCam pour connaître l’histoire géologique de la zone et comprendre le début de l’histoire de Mars.