Mathieu Bablet, auteur de BD post-apocalyptique

Publiée le 11 février 2021

Lauréat du prix BD Fnac France Inter 2021, Mathieu Bablet, né à Grenoble il y a 34 ans, vit et travaille à Brié-et-Angonnes où il façonne, album après album, un univers dystopique inspiré notamment de l’actualité et de sa culture scientifique.

mathieu bablet au travail
mathieu bablet au travail : Deborah Gay

Comment êtes-vous venus à la bande dessinée ?

Mes parents sont de très gros lecteurs de bandes-dessinées alors, je suis devenu moi-aussi un très gros lecteur. Et puis, j’ai dessiné très tôt, j’ai su rapidement que je voulais faire de la BD. Après avoir obtenu un bac scientifique à Grenoble, je me suis interrogé : soit je continuais dans les sciences, soit je partais sur les arts et la bande-dessinée. Finalement, je suis parti à Chambéry, à l’ENAAI (École nationale des arts appliqués et de l’image).

Votre univers est exclusivement tourné vers la science-fiction. Est-ce que grandir sur un territoire où la culture scientifique est prégnante vous a influencé ?

Oui forcément, d’une manière ou d’une autre. Avoir une formation scientifique influence également. Et avoir une mère qui travaille au CEA dans les micro-technologies joue aussi sans doute un rôle…

Votre première œuvre, La Belle mort, est sortie chez Ankama en 2011 mais c’est avec Shangri-La en 2016 que tout a basculé.

Oui, ça a vraiment explosé en termes de vente, de notoriété… C’était vraiment une grosse surprise. Subitement, tout était multiplié par dix. C’est à partir de là que mon travail a commencé à être reconnu, ce qui me permet aujourd’hui de proposer des œuvres conséquentes, sans limite de pages, comme Carbone et Silicium.

Justement, comment travaillez-vous ? Carbone et Silicium fait plus de 200 pages…

Je fais tout, tout seul, depuis le début. Au départ, ce n’était pas vraiment un choix : pour des raisons budgétaires, je ne pouvais pas me contenter de dessiner. Et puis, j’ai pris goût à l’écriture, à tel point qu’aujourd’hui, c’est ce que je préfère (…). Je peux travailler entre deux et quatre ans sur un même projet. Je commence par faire des recherches qui durent environ un an. C’est une phase très importante parce que dans la science-fiction, on ne peut pas se permettre d’être fantaisiste. On se doit de s’appuyer sur des bases scientifiques avérées. Ensuite, vient l’étape du storyboard qui consiste à dessiner et à mettre en forme l’histoire. Enfin, il y a le dessin à proprement parlé, à la main, et j’applique ensuite les couleurs sur ordinateur.

Au-delà de Georges Orwell ou d’Aldous Huxley, quelles sont vos références pour construire vos récits ?

Les Robots d’Isaac Asimov, Ghost in the shell de Masamune Shirow ou encore Blade Runner de Ridley Scott… Je travaille aussi à partir des thèmes d’actualité comme le consumérisme, l’intelligence artificielle, l’effondrement de la biodiversité, le réchauffement climatique… En fait, tout ce qui me touche en tant que citoyen.

Avez-vous commencé à travailler sur votre prochain opus ?

Oui, j’avance doucement sur le scénario : on suivra un groupe de personnes qui se demandent comment reconstruire un monde détruit. Ce sera encore une bande dessinée influencée par l’actualité, et c’est vrai que celle-ci n’est pas toujours très drôle.

DR