La Métropole lance sa convention citoyenne pour le climat

Publiée le 2 février 2021

C'est une première en France : 150 personnes vont être tirées au sort pour s’informer, débattre et proposer des politiques publiques qui viseront à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et à la neutralité carbone.

un groupe scolaire face à la métropole
un groupe scolaire face à la métropole : Grenoble Alpes Métropole

Peut-on limiter le dérèglement climatique en dessous de 2°C comme le prévoit les accords de Paris ? Oui, selon le groupement intergouvernemental d’experts pour le climat (GIEC), à condition de « de mettre en œuvre des transitions sans précédent dans tous les secteurs de la société, y compris l’énergie, les terres, les écosystèmes, les zones urbaines, l’infrastructure et l’industrie ».

Pour répondre à cette urgence climatique, la Métropole de Grenoble a adopté en février 2020 le Plan climat air énergie (PCAEM) visant notamment à réduire de moitié les émissions des gaz à effet de serre sur le territoire d’ici 2030. « Mais il faut aller plus vite et plus loin, souligne aujourd'hui Pierre Verri, vice-président de la Métropole chargé du climat. Il est temps d’accélérer et d’emmener avec nous l’ensemble des citoyens ».

La Métropole va donc lancer sa propre convention citoyenne métropolitaine pour le climat. C’est une première en France. À partir de cet été, 150 hommes et femmes se réuniront régulièrement afin de réfléchir à des propositions de politiques publiques en matière de transition énergétique. Plus précisément, ils devront répondre à deux questions :

  • Quelles actions mettre en place pour réduire les émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030 ?
  • Quelles actions mettre en œuvre pour permettre au territoire métropolitain d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 ?

Ces citoyennes et citoyens seront bientôt tirés au sort et constitueront un panel le plus représentatif possible de la société métropolitaine. Ils se réuniront une dizaine de fois pendant le second semestre 2021 pour s’informer, discuter, débattre sur tous les aspects de la vie quotidienne en lien avec la transition : alimentation, logement, transport, travail… Pendant la durée de leurs travaux, ils seront indemnisés.

Devant le conseil métropolitain

Ces volontaires seront accompagnés par des spécialistes en animation, par les services de la Métropole et des communes, et par des experts (universitaires, responsables associatifs, membres d’ONG, élus, etc.). Ils pourront également s’appuyer sur le comité scientifique de « Grenoble, capitale verte européenne », ainsi que sur la Commission nationale du débat public qui sera sollicitée afin de garantir la transparence des travaux.

« La convention citoyenne métropolitaine sur le climat s’inscrit dans une la longue histoire de ce territoire faite d’innovation et de participation, note Christophe Ferrari, président de Grenoble Alpes Métropole. Elle est mise en place pour informer les citoyens, faire émerger des idées et renforcer les politiques publiques. Car notre devoir est de démontrer qu’il n’y a pas de fatalité, qu’il existe des solutions et qu’il y a un chemin ».

Au terme de sa réflexion, la convention devra en effet émettre une série de propositions de politiques publiques concrètes. Celles-ci seront présentées au conseil métropolitain puis soumises au vote des élus. Pour celles qui seront complexes ou feront l’objet d’un débat, la Métropole organisera un référendum. Ce qui sera une (autre) première en France. « Ce sera la première fois que tous les citoyens de ce territoire seront appelés à voter le même jour sur la même question », relève Pascal Clouaire, vice-président de la Métropole en charge de la participation citoyenne.

Pascal Clouaire, Christophe Ferrari et Pierre Verri lors de la présentation de la convention citoyenne métropolitaine pour le climat.
Pascal Clouaire, Christophe Ferrari et Pierre Verri lors de la présentation de la convention citoyenne métropolitaine pour le climat. : Grenoble Alpes Métropole
Pascal Clouaire, Christophe Ferrari et Pierre Verri lors de la présentation de la convention citoyenne métropolitaine pour le climat.

Un risque de « conditions climatiques extrêmes », selon Météo France

Si la lutte contre le réchauffement climatique ne s’accélère pas, les Français pourraient vivre dans des conditions climatiques extrêmes. C’est la conclusion des nouvelles projections de Météo France sur le climat en France d’ici 2100. Selon le scénario le moins optimiste, la hausse des températures pourrait atteindre quatre degrés d’ici à la fin du siècle, voire six degrés dans certaines régions, comme les zones de montagne. Les épisodes de canicules et de « nuits tropicales », quand la température ne descend pas sous 20°C, seraient dix fois plus fréquents qu’aujourd’hui, à tel point que « les vagues de chaleur pourraient s’étaler sur des périodes supérieures à un ou deux mois en été ». À l’inverse, le nombre de jours de froid pourrait être divisé par deux, et se réduire à un jour par an en moyenne. Résultat, presque plus de neige, ni de gelées.