Innovation et empreinte carbone au menu du Forum 5i

Publiée le 30 septembre 2020

Ce mardi, au Centre des congrès du World Trade Center de Grenoble, s’est tenue la 23e édition du Forum 5i organisée par la Métropole de Grenoble.

Ce mardi, au Centre des congrès du World Trade Center de Grenoble, s’est tenue la 23e édition du Forum 5i organisée par la Métropole de Grenoble.

Cinq “i” pour (I)nnovation, (I)ndustrie, (I)nclusion, (I)nvestissement et (I)nternational… Désormais reconnu à l’échelle européenne, le Forum 5i est un rendez-vous incontournable pour la création et le développement d’entreprises innovantes dans notre région.

Près de 4000 emplois créés

Depuis sa première édition en 1998, il a en effet permis à 131 start-up de lever près d’un milliard d’euros, en présentant notamment plus de 350 projets à des investisseurs… Sans compter les quelque 4000 emplois générés par des créations d’entreprises, pour certaines devenues phares, telles que Tronics, Aledia, Eveon ou encore Apix Analytics, pour ne citer qu’elles.

Chaque année, le Forum 5i se penche sur une thématique innovante et invite porteurs de projets, start-up, investisseurs et entreprises à échanger et collaborer autour de tables-rondes et de rencontres. Après avoir mis un coup de projecteur ces dernières années sur l’Intelligence artificielle, les Deeptech, ou encore l’EnerNet, ce sont des projets présentant des solutions innovantes en termes d’économie d’énergie et de sobriété carbone qui ont été mis en avant lors de cette 23e édition.

De l'hydrogène produit à partir des eaux usées

Parmi la dizaine de projets issus de laboratoires régionaux et mis en lumière au sein de la vitrine technologique du Forum, on retiendra notamment le projet Hystep issu du Laboratoire d’électrochimie et de physicochimie des matériaux et des interfaces de l’Université Grenoble Alpes. Accompagné localement par la société d'accélération du transfert de technologies Linksium, Hystep ambitionne de produire de l’hydrogène vert (l’énergie de demain !) à partir des eaux usées collectées par les stations d’épuration.

« Nous développons un procédé qui permet de produire de l’hydrogène à bon marché et de façon écologique tout en offrant un service de dépollution des eaux », explique Loïc Michel, en charge du projet. Pour tester le dispositif en conditions réelles, la Métropole de Grenoble lui a ouvert les portes de sa station d’épuration Aquapole qui produit déjà du biogaz à partir de ses boues. « Aquapole traite les eaux usées d’environ 500 000 habitants, ce qui permettrait à notre système de produire 750 kg d’hydrogène par jour, soit 250 pleins de voitures », indique le chercheur. « Maintenant, notre but c'est de développer notre prototype avec une première commercialisation d’ici 5 ans ». Et surtout, « un rêve » : celui d’installer un démonstrateur opérationnel sur la station d’épuration métropolitaine, ainsi qu’une station de recharge à hydrogène. À suivre.

Purifier les rejets industriels avec des carapaces de crustacés

De son côté, le Laboratoire de chimie moléculaire et environnement de l’Université Savoie Mont-Blanc, également soutenu par la SATT Linksium, présentait un système de production de billes de chitosane, baptisé Kitobiosphère. « Le chitosane est produit à partir des déchets de crustacés », explique Imadeddine Lakehal, à l’origine du projet. « C’est un produit biossourcé, biodégradable et biocompatible, qui a pour propriétés singulières d’être antibactérien mais surtout d’absorber les métaux lourds très polluants que l’on retrouve notamment dans les rejets industriels, comme le cuivre, le plomb ou encore le calmium par exemple... »

Une solution qui pourrait bien intéresser les industriels pour qui la règlementation sur les rejets est de plus en plus exigeante. Encore en phase d’expérimentation, le laboratoire cherche à se faire connaître d’eux pour tester concrètement son procédé avant d'imaginer son offre commerciale. Et il pourrait bien, lui aussi, une fois l’efficacité de son produit prouvé, aller taper à la porte des stations d’épurations des collectivités…Et pourquoi pas ?

Un simulateur pour gérer la ville de demain

Un peu plus loin, une autre start-up développée par le laboratoire d’informatique de Grenoble faisait valoir son logiciel Summer : un simulateur de planification de management urbain pour gérer la ville de demain. Tout un programme. « En 2050, l’ONU prévoit que 70% de la population vivra dans les villes du fait du changement climatique », rapporte Lyuba Mancheva, à la tête du projet Summer. « Ce changement va lourdement affecter les infrastructures urbaines et la mobilité. En se basant sur les données géographiques du projet collaboratif OpenStreetMap et sur les données en libre accès fournies par les collectivités, notre simulateur pourra quantifier les économies de CO2 réalisées par la priorité donnée aux mobilités douces par exemple ou encore faciliter l’évacuation de personnes en cas de catastrophe. C’est donc un outil d’aide à la décision pour les collectivités, mais aussi pour les bureaux d’urbanisme, qui permet d’éclairer les stratégies concernant l’aménagement urbain ». La start-up, également soutenue par la SATT Linksium, table sur deux à trois ans pour étoffer son offre commerciale.

Cette 23e édition du Forum 5i a, malgré la crise sanitaire, réuni 270 participants dont de nombreux universitaires, entrepreneurs, représentants de pôles de compétitivité issus de l’écosystème d’innovation international. Au total, 50 rendez-vous d’affaire ont été organisés entre les représentants de 21 start-up et des investisseurs.