Véhicules à faibles émissions : 6 idées reçues

Vous souhaitez acquérir un véhicule moins polluant pour votre entreprise ? Vous cherchez à diminuer les émissions liées à vos activités de transport de marchandises ? À l’occasion de l’achat d’un utilitaire ou d’un camion électrique, GNV (Gaz Naturel pour Véhicules) ou hydrogène, les questions fusent… L’occasion de faire le point sur plusieurs idées reçues.

Le diesel coûte-t-il moins cher ?

OUI à l'achat, NON à l’utilisation.

Certes, le prix d’achat d’un véhicule diesel reste plus bas. Mais les alternatives au diesel se développent rapidement : les constructeurs étoffent chaque année leur catalogue avec des gammes très variées. Ces véhicules deviennent de plus en plus attractifs, compte-tenu des aides et d’un coût plus faible à l’usage.

En effet, un plein coûte nettement moins cher pour les véhicules à faibles émissions. Un exemple ? Le prix public du GNV dans la station GEG de La Tronche est de 0,90 €/ kg TTC (1kg de GNV équivaut environ à 1 litre de gazole). Traduit en coût de roulage pour un véhicule de type Fiat Doblo, cela revient à 8 € TTC pour 100 km en diesel, 5 € TTC pour 100 km en GNV et 2 € pour l’électrique.

Côté électrique, la différence est encore plus avantageuse. Pour une recharge complète sur une prise privée, le prix varie entre 2 et 5 euros, en fonction du fournisseur, de l’horaire, de la capacité de la batterie. Pour une recharge sur une borne publique, le tarif diffère en fonction des opérateurs, du mode de paiement, du profil de l’utilisateur… 

Si on traduit tout cela en coût de roulage pour un véhicule de type Kangoo, on obtient environ 5,2 € TTC pour 100 km en électricité (borne publique) ou 2 € TTC pour 100 km en électricité (prise privée)… Contre 12 € TTC pour la même distance en diesel !

Le prix de vente de l’hydrogène dépend du coût de l’électricité utilisée pour le produire. Mais il reste également moins cher : toujours pour un véhicule de type Kangoo, les coûts de carburant sont de 7 € TTC pour 100 km en hydrogène. En résumé, plus vous roulerez, plus vous bénéficierez du passage à un véhicule à faibles émissions. 

En résumé pour un petit utilitaire : 

Energie

Coût moyen aux 100 km en euros TTC

Diesel

8 €

GNV

5 €

Hydrogène

7 €

Électrique (bornes publiques)

5,20 €

Électrique (abonnement privé)

2 €

Les véhicules dits "propres" sont-ils vraiment moins polluants ?

OUI, pour la qualité de l’air.

Pour réduire la pollution locale de l’air et les nuisances sonores, l’efficacité des véhicules à faibles émissions est aujourd’hui largement reconnue1.

Il est cependant aussi vrai que leur bilan environnemental global doit aussi être pris en compte, comme pour tout type de véhicule. En effet, l’analyse de l’ensemble de leur cycle de vie inclut forcément : l’extraction des matériaux, l’énergie nécessaire à la fabrication des batteries ou à la production du carburant, le recyclage, l’usure, etc.

Il faut donc être conscient de ces deux facteurs : un bénéfice clair sur la pollution atmosphérique locale, associé à un coût environnemental sur le long terme (qui est bien différent selon les énergies) et que les pouvoirs publics et les constructeurs s’attachent à faire baisser.

Dans la majorité des cas, même en prenant en compte l’impact environnemental d’un véhicule moins polluant sur la totalité de son cycle de vie, le bilan total reste en faveur des véhicules à faibles émissions2

Les batteries

Les impacts de la fabrication et du traitement en fin de vie des batteries sont largement compensés par les émissions de gaz à effet de serre évitées durant la vie du véhicule : en France, les émissions d’une voiture électrique de catégorie « citadine » à « polyvalente » sont inférieures de 60 à 80% à celles d’une équivalente thermique3.

Le traitement en fin de vie des batteries a encore un fort impact environnemental, mais de nombreux développements sont en cours pour relever ces défis grâce à une optimisation des procédés, un allongement de la durée de vie des batteries et leur réemploi.

Les sources d’électricité

Côté électricité, le bilan énergétique reste favorable même lorsque le mix électrique repose plus fortement sur les énergies fossiles (charbon, gaz, pétrole) : à l’échelle européenne, les émissions restent inférieures de plus de 50%4.

L’usage en ville 

Le bilan est d’autant plus favorable aux véhicules à faibles émissions que la comparaison porte sur un usage en milieu urbain, où les consommations de carburants fossiles sont bien plus élevées que pour les trajets longs.

Le GNV

En termes d’émissions de polluants atmosphériques, le GNV présente jusqu’à 95 % de réduction des émissions de particules et de 40 à 64% de réduction des NOx par rapport au Diesel5. Côté émissions de CO2, le GNV en produit 6% de moins que le Diesel, et le bioGNV 80% de moins6.

S’il est aujourd’hui majoritairement fossile, l’augmentation de la demande en GNV va offrir la possibilité de développer le BioGNV (17% actuellement), un carburant renouvelable et produit localement à partir de la méthanisation de déchets organiques. De nombreux méthaniseurs sont actuellement en fonctionnement et en projet sur le territoire et la région. 

L’hydrogène

Cette motorisation ne rejette pas de molécules carbonées mais la production d’un kilo d’hydrogène correspond à l’émission de 10 kilos de CO2. Malgré tout, l’hydrogène (produit par électrolyse de courant issu de source renouvelable ou bas carbone) génère beaucoup moins de CO2 que le diesel, production de carburant comprise7.

 Sources :

Les véhicules à faibles émissions sont-ils plus contraignants à entretenir ?

NON, dans tous les cas

Le GNV

Le moteur d’un véhicule GNV est plus simple que celui d’un véhicule diesel. Par exemple, il ne comprend pas de filtre à particules. Cela facilite son entretien et limite le risque de panne. Comme tous les véhicules, ceux qui fonctionnent au GNV doivent bien sûr faire l’objet d’une maintenance régulière, dans un garage habilité. 

En plus des vérifications propres au circuit de gaz et au réservoir GNV, l’entretien est presque le même que pour un véhicule à essence classique.

Les moteurs électriques et à hydrogène

Pour les véhicules électriques, l’entretien est simple. Il ne demande que peu de changements de pièces : pas de courroie de distribution à remplacer, pas de filtres à changer… La durée de vie des plaquettes et des disques de frein est plus longue. Dans ce cas précis, le coût d’entretien est aussi clairement moins cher : - 30% sur la durée de vie du véhicule8. Quant aux véhicules hydrogènes, ils s’appuient également sur une motorisation électrique.

Source : 8Diez, Willi. "Elektroautos mit deutlich niedrigeren Unterhaltskosten." Institut für Automobilwirtschaft

Les aides à l’achat d’un véhicule à faibles émissions sont-elles importantes ?

OUI, les aides des collectivités et de l'Etat sont nombreuses

Grenoble-Alpes Métropole propose une aide financière aux entreprises de moins de 250 salariés implantées sur le territoire, ainsi qu’aux associations et aux particuliers pour l’achat de véhicules utilitaires et poids-lourds. 

Cumulables avec les aides de l’Etat, elles ont été mises en place pour absorber tout ou partie du surcoût lié à l’achat d’un véhicule à faibles émissions : 

Type d’aide

Montant maximum estimatif

Aide de la Métropole

Jusqu’à 8500€ pour un utilitaire de 3,5t.et 18 000€ pour un Poids-lourd

Bonus écologique

De 2 000 à 4 000 € (électrique)

1 000 € (hybride)

Prime à la conversion*

De 2 500 à 5 000 € (électrique)

De 1 500 à 5 000 € (hybride) 

Surprime ZFE**

1 000 €

Suramortissement PL & VUL (> 2,6T)

De 20% à 60% de la valeur du véhicule (selon gabarit du véhicule) jusqu’à 8500 € pour un fourgon de 3,5t.) 

  • * Jusqu’au 30 juin 2021. puis montant réduits de 1000€
  • ** si vous habitez ou travaillez en ZFE et percevez une aide de la Métropole.

Voir l’ensemble des aides pour les professionnels

Les aides sont donc nombreuses pour les professionnels, l’Etat participant largement. Pour les Véhicules Utilitaires Légers (VUL), vous pouvez bénéficier du bonus écologique pour les entreprises (27% du coût d’acquisition TTC, avec des plafonds en fonction du type de véhicule) et de la prime à la conversion.

Il existe également un dispositif de suramortissement, pour les VUL et PL, GNV, électriques, hydrogène dont le PTAC est supérieur ou égal à 2,6t. Cette déduction d’impôts n’est pas négligeable. Enfin, pour les véhicules hydrogène, il est aussi possible de bénéficier du bonus écologique, et même aussi d’une subvention européenne de 3400 euros pour les véhicules rattachés aux stations du projet Zero Emission Valley.

Vais-je perdre mon temps à chercher une borne et à recharger mon véhicule à faibles émissions ?

NON, quelles que soient les énergies, les stations se multiplient

Pour les véhicules électriques

Avec un véhicule électrique, la recharge peut se faire de différentes manières :

  • Via une prise 220 Volts classique, en utilisant le câble fourni. Il est simplement conseillé de faire vérifier auparavant son installation par un électricien. La recharge peut être longue : 17 heures environ pour un utilitaire. Si vous faites installer une prise renforcée ou une Wall-box (une prise spécifique), le temps de charge peut descendre à 6 heures. L’avantage de ces solutions : le véhicule peut être tranquillement rechargé la nuit, à domicile ou sur le lieu de travail !
  • Quant aux bornes publiques, elles ont un rôle de recharge d’appoint, de réassurance ou de complément. Les bornes de recharge "normales" peuvent, en fonction de leur puissance, recharger entre 15 et 120 km en une heure. Les bornes de recharge rapides permettent de recharger jusqu’à 80% de la batterie en 30 minutes !
  • Le temps de recharge d’un camion ou d’un utilitaire électrique est donc variable mais peut être rapide ou réalisé la nuit. Pour les autres véhicules à faibles émissions, la recharge se fait en quelques minutes ! Mais vais-je trouver facilement des bornes ?

Plusieurs dizaines de bornes permettent de recharger un véhicule électrique dans la métropole grenobloise. Les bornes existant dans toute la France sont répertoriées sur le site ChargeMap.

Les entreprises peuvent aussi installer un ou plusieurs points de recharge sur leur  propre parking pour leur flotte et leurs salariés : la prime ADVENIR couvre les coûts de fourniture et d’installation à hauteur de 30 % en 2021.

Pour les véhicules GNV

Pour les véhicules GNV, il existe déjà 3 stations dans la métropole grenobloise : 

 

 

 

 

  1. La station GEG à Grenoble (voitures et utilitaires légers) 
  2. La station de La Tronche 
  3. La station de Saint-Egrève (tous véhicules).

Au niveau national, il existe déjà 147 stations GNC (Gaz Naturel Comprimé) et 50 stations GNL (Gaz Naturel Liquéfié). La carte est disponible sur le site gaz-mobilite.fr. Ce chiffre va rapidement augmenter : 90 stations sont en projet !

Pour les véhicules à Hydrogène

Enfin, pour les véhicules à hydrogène, il y a une déjà une station de recharge sur le site GEG à Grenoble et d'autres sont en projet dans la métropole grenobloise.

Avec un véhicule moins polluant, l’autonomie est-elle moindre ?

OUI et NON

Tout dépend du type de véhicule et du modèle ! Concernant les véhicules GNV : les poids lourds dernière génération roulant au GNL ont une autonomie comparable à ceux roulant au diesel, jusqu’à 1000 km selon les usages. Ceux qui roulent au GNC peuvent déjà atteindre une autonomie de 800 km. Et cette performance devrait s’améliorer rapidement ! Avec un véhicule utilitaire, on peut rouler jusqu’à 600 km, en fonction des modèles.

Quid de l’électrique ? L’autonomie varie en fonction du type de véhicule, des conditions d’usage et de la conduite. Elle est forcément moindre qu’avec un véhicule classique. Par exemple, pour un Renault Kangoo, l’autonomie réelle est estimée entre 120 et 200 km. À noter, avec l’installation d’un prolongateur d’autonomie à hydrogène sur certains véhicules électriques, il est possible de doubler quasiment l’autonomie. 

A retenir : l'autonomie proposée selon l'énergie doit être suffisante pour vos besoins. Avec des trajets qui s’échelonnent en moyenne entre 80 et 120 km par jour pour les professionnels, se pose la question de la nécessité de posséder un véhicule diesel d’une autonomie de 600 km...

Vais-je avoir du mal à revendre mon véhicule GNV, électrique ou hydrogène sur le marché de l’occasion ?

OUI et NON

À ce jour, l’offre électrique est assez complète : il s’est en effet vendu plus de 29 000 véhicules électriques d’occasion en France en 20209. Ce n’est pas encore le cas pour les véhicules GNV, avec seulement 26 600 véhicules aujourd’hui en France10, en majorité dans les secteurs du transport public et de marchandises. 

Mais nous sommes dans une période de grande mutation de ces marchés : selon la Stratégie Nationale Bas-Carbone, la part des véhicules à faibles émissions doit atteindre 15 % du parc national d’ici 2030. Une tendance illustrée par le marché des voitures électriques qui à elles seules représentent désormais 6,7 % des ventes, contre seulement 1,9 % en 201911

Les ventes de véhicules diesel baissent fortement, tandis que les ventes de véhicules à faible émissions sont en pleine croissance, alimentant le marché de l’occasion du futur !

Sources :